France

Procès « DZ Mafia » : les accusés reviennent après plusieurs jours d’absence

Dix jours après le début du procès du double assassinat de l’hôtel F1 de Plan-de-Campagne, les accusés sont de retour dans le box de la cour d’assises d’Aix-en-Provence. Un incident a eu lieu lorsque l’enquêtrice de police a quitté le tribunal sans avoir terminé sa déposition, se déclarant en arrêt de travail.


Ils ont respecté leurs engagements. Dix jours après le début du procès hautement sécurisé concernant le double meurtre survenu à l’hôtel F1 de Plan-de-Campagne, près de Marseille, les accusés ont fait leur réapparition dans le box de la cour d’assises d’Aix-en-Provence. Les six hommes sont incriminés pour leur rôle dans la mort de Farid Tir, 29 ans, et de son ami Mohamed Amine Bendjaghlouli, 28 ans, abattus dans la nuit du 30 août 2019, dans un contexte de trafic de drogue.

Zaineddine Ahamada, Adrien Faure, désignés comme les exécuteurs, ainsi que Karim Harrat, alias « Le Rant », Amine Oualane, dit « Mamine », et Gabriel Ory, surnommé « Gaby », qui est accusé d’avoir donné l’ordre, sont présents. Les trois derniers sont perçus comme des figures majeures du narcotrafic dans la région, avec « Mamine » et « Gaby » soupçonnés de diriger la DZ mafia. Le dernier homme, Walid Barra, alias « Fondu », est quant à lui toujours en fuite.

« C’est du jamais vu »

Les accusés et leurs avocats avaient décidé de ne pas comparaître depuis vendredi, après plusieurs jours de débats tendus. Un incident a particulièrement exacerbé les tensions. Mercredi dernier, l’enquêtrice de police avait quitté le tribunal sans achever sa déposition, et elle ne s’était pas présentée le lendemain, déclarant un arrêt de travail. En signe de protestation, le box des accusés était resté presque vide. Seul Amine Oualane s’était présenté cette semaine, notamment pour écouter la déposition du témoin, l’informateur de police dans cette affaire : Driss Oualane, connu sous le nom de « Tatoo ».

Connectée par visioconférence ce jeudi, la policière a poursuivi son audition devant les accusés. Elle a d’abord expliqué son départ précipité du tribunal. « Dès le matin, je ne me sentais pas bien », a-t-elle déclaré. Elle a ensuite ajouté, en s’excusant : « Je suis partie sans prévenir personne, mais je n’étais plus en état de témoigner. » Ces explications n’ont pas apaisé les avocats de la défense.

« Ce n’est pas un petit incident, c’est du jamais-vu », a dénoncé Me Julien Blot, l’un des avocats d’Adrien Faure, qui a soulevé de nombreuses questions sur le comportement de la policière. La présidente l’a alors interrompu : « Elle s’est expliquée sur son absence, je ne pense pas que les conditions de son départ soient si importantes pour le fond de l’affaire. » Les questions incisives de la défense continuent d’affluer.