France

Procès du RN : L’appel de Marine Le Pen a débuté à Paris

Le procès en appel de Marine Le Pen, du Rassemblement national et de dix autres prévenus s’est ouvert ce mardi à 13h30 à Paris et doit durer un mois. La triple candidate à l’élection présidentielle a été condamnée pour détournement de fonds publics le 31 mars 2025 à quatre ans d’emprisonnement dont deux ferme sous bracelet électronique, et encourt dix ans d’emprisonnement.


C’est parti. Le procès en appel de Marine Le Pen, du Rassemblement national, et de dix autres accusés a débuté ce mardi à 13h30 à Paris, avec la présence de la dirigeante de l’extrême droite française. La candidate malheureuse aux élections présidentielles, dont l’avenir politique est en jeu lors de cette audience, prévue pour durer un mois, n’a pas fait de déclaration à son arrivée au palais de justice au cœur de la capitale.

Pour cette audience aux enjeux politiques majeurs, durant laquelle onze personnes et le parti seront jugés jusqu’au 11 février par une formation collégiale dirigée par la magistrate Michèle Agi, des centaines de journalistes du monde entier ont fait le pied de grue depuis le petit matin dans les couloirs de la cour d’appel. Alors que l’extrême droite est en pleine ascension, avec un nombre record de 120 députés du Rassemblement national (ex-FN) à l’Assemblée, Marine Le Pen, confrontée à des pratiques datant des années difficiles du parti, pourrait voir sa quatrième candidature à l’Élysée freinée par la justice et être contrainte de laisser la place à son protégé Jordan Bardella.

Condamnée pour détournement de fonds publics, elle a exprimé, « J’espère pouvoir être entendue par la cour d’appel », dans la matinée, avant une réunion de son groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, se disant « dans un état d’esprit d’espérance, en quelque sorte… ». Le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris l’a condamnée à quatre ans d’emprisonnement, dont deux ferme sous bracelet électronique, ainsi qu’à une amende de 100.000 euros.

Elle a également écopé de cinq ans d’inéligibilité, avec une exécution provisoire, ce qui signifie que cette mesure prend effet immédiatement, l’empêchant pour l’instant de se présenter à la présidentielle ou, en cas de dissolution, de succéder à elle-même dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais. Elle risque dix ans d’emprisonnement.

Le tribunal de première instance l’a reconnue coupable d’avoir mis en place un « système » entre 2004 et 2016 pour capter les enveloppes versées par le Parlement européen aux eurodéputés, destinées à rémunérer leurs assistants dans le cadre de leurs fonctions à Bruxelles et Strasbourg. Selon l’accusation, représentée à la cour d’appel par Thierry Ramonatxo et Stéphane Madoz-Blanchet, ces assistants travaillaient en réalité pour le seul parti Front national (FN, devenu RN) ou pour leurs dirigeants.

Le tribunal correctionnel a évalué le préjudice à 3,2 millions d’euros, après avoir déduit 1,1 million d’euros déjà remboursés par une partie des accusés – ils étaient 25 en première instance, dont douze ont renoncé à faire appel à la suite de leur condamnation, y compris la sœur de Marine Le Pen, Yann Le Pen. Le maire de Perpignan, Louis Aliot, le député RN Julien Odoul, l’eurodéputé Nicolas Bay et Bruno Gollnisch seront de nouveau présents sur le banc des prévenus.