Procès de l’attentat du 14-juillet à Nice : Les images de vidéosurveillance seront bien diffusées jeudi

« Extrêmement violentes » mais « de nature à éclairer la cour », les images de vidéosurveillance de l’attentat de Nice, qui avait fait 86 morts le 14 juillet 2016, seront diffusées jeudi « en fin de matinée » au procès qui se tient à Paris depuis le 5 septembre, a annoncé mercredi le président de la cour d’assises spéciale. Elles pourront être vues par tous, y compris le public et la presse, également dans la salle de retransmission à Nice.

Le président Laurent Raviot a ainsi estimé que ces vidéos pouvaient « éclairer la cour » sur l’acte criminel commis par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel au volant d’un camion-bélier sur la Promenade des Anglais, mais aussi « sur le nombre de victimes » et l’aider à « apprécier la notion de proximité et de périmètre de l’attentat ».

Si certains accusés, dont trois sont jugés pour « association de malfaiteurs terroriste », sont désignés coupables, la cour devra en effet apprécier, lors d’une audience civile, la recevabilité des quelque 2.000 constitutions de parties civiles enregistrées.

Un « service d’ordre conséquent » dans les salles

Le président a également expliqué avoir « pris en compte le fait que le visionnage de ce scellé, sollicité par de très nombreuses parties civiles, (pouvait) participer à leur compréhension de l’événement et au processus de réparation ».

La cour a par ailleurs rejeté une demande de huis clos partiel formulée par l’une des avocates des parties civiles, qui aurait exclu la presse et le public de la projection de ces images. Mais un « service d’ordre conséquent » sera présent dans la salle d’audience et dans les salles de retransmission, à Paris comme à Nice, pour qu’« il n’y ait aucune possibilité de captation de ces images ».

« Il faut être conscients de l’effroi que ces images vont provoquer »

Filmées par vingt caméras de vidéosurveillance de la ville de Nice, elles démarrent à 21h34, « dès le moment où Mohamed Lahouaiej-Bouhlel arrive à son camion » garé dans la rue, avait expliqué vendredi le policier qui avait été chargé de les exploiter. Elles comprennent une coupure de 41 minutes, durant laquelle « on le perd de vue », avant l’attaque, d’une durée de 4 minutes 17, à partir du moment où le 19-tonnes apparaît, « tous feux éteints », sur le trottoir de la promenade des Anglais, à 22h33.

Le président de la cour a lui-même prévisionné la vidéo mardi soir en compagnie de la cour, des avocats de la défense et de nombreux avocats de parties civiles. « Les personnes qui hésitent à regarder ces images, je leur conseille vivement de ne pas le faire », a-t-il averti. « Je pense qu’il faut être conscients de l’effroi que ces images vont provoquer », avait aussi indiqué l’un des avocats généraux, Jean-Michel Bourlès.