Procès de l’attentat de Nice : Absent à l’audience, le huitième accusé fait l’objet d’une procédure en Tunisie

Jugé en son absence, le huitième accusé au procès de l’attentat de Nice du 14 juillet 2016 fait l’objet d’une « procédure judiciaire » de nature « terroriste » en Tunisie, où il est incarcéré, ont indiqué les autorités tunisiennes à la cour d’assises spéciale de Paris.

L’avocate de Brahim Tritou avait déjà évoqué cette détention, confirmée par la justice tunisienne dans sa réponse à la demande d’entraide pénale internationale de la France, lue ce mardi à l’audience par le président de la cour d’assises spéciale Laurent Raviot.

Il dit n’avoir jamais vu Mohamed Lahouaiej-Bouhlel

Ce Tunisien de 37 ans qui vivait en France depuis 2008 avait été interpellé à Nice en décembre 2016. Les enquêteurs le soupçonnent d’avoir servi d’intermédiaire entre deux autres accusés, Ramzi Arefa et Artan Henaj, pour l’achat du pistolet semi-automatique qui sera ensuite vendu à l’auteur de l’attentat, ce qu’il conteste.

Il a également toujours maintenu n’avoir jamais rencontré l’auteur de l’attentat, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, alors que Ramzi Arefa avait affirmé qu’ils l’avaient vu ensemble, quelques semaines avant les faits, pour essayer de lui vendre une arme factice.

Libéré sous contrôle judiciaire en janvier 2019, Brahim Tritrou a fui en Tunisie en juillet 2020. Interpellé début 2022 sur la base du mandat d’arrêt français, il est détenu en Tunisie, « soupçonné d’avoir adhéré à une cellule terroriste sur le sol français en 2016 », selon les autorités locales. « Ses déboires […] sont exclusivement liés à la procédure de l’attentat de Nice », qui a fait 86 morts et plus de 400 blessés, selon Laurent Raviot.

La peine de prison encourue passe de 5 à 10 ans

Le Tunisien n’est toutefois pas poursuivi pour des faits de nature terroriste en France. Mis en accusation pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation de délits punis d’au moins cinq ans d’emprisonnement », il encourait cinq ans de prison. Mais la cour a annoncé ce mardi qu’elle requalifiait les faits reprochés en « association de malfaiteurs en vue de la préparation de crimes ou délits punis de dix ans d’emprisonnement ».

De même, elle a décidé d’ajouter une question supplémentaire dans celles auxquelles elle devra répondre concernant un autre accusé, Endri Elezi : s’il est reconnu coupable de trafic d’armes, était-ce « en réunion » ? Parmi les quatre accusés albanais au procès, il était le seul pour qui cette circonstance aggravante ne figurait pas dans l’acte de mise en accusation. Pour lui aussi, la peine maximale encourue passe de cinq à dix ans de prison.