Procédure d’impeachment : Donald Trump estime être victime d’un « lynchage »

Donald Trump dans la tourmente — Carolyn Kaster/AP/SIPA

Alors que le Congrès continue d’auditionner des témoins, dans le cadre de l’enquête lancée par les démocrates sur l’affaire ukrainienne, Donald Trump a réagi, ce mardi, comparant la procédure à un « lynchage ».

Les dernières semaines, le président américain avait parlé de « chasse aux sorcières » et de « harcèlement », mais l’utilisation de ce terme, « lynchage », qui renvoie à l’histoire de l’esclavage et à la ségrégation raciale, est une première depuis son arrivée au pouvoir.

« C’est un mot qu’aucun président ne devrait utiliser pour lui-même »

« Un jour, si un démocrate devient président et que les républicains remportent la Chambre des représentants, même avec une toute petite marge, ils peuvent lancer une procédure de mise en accusation du président, même sans respect des procédures, sans équité ou sans droits », a tweeté le milliardaire républicain. « Tous les républicains doivent se souvenir de ce à quoi ils assistent ici : un lynchage ». Le tweet matinal a suscité de très vives réactions dans la capitale fédérale américaine pourtant habituée aux déclarations volontairement provocatrices de l’ancien homme d’affaires de New York.

« C’est un mot qu’aucun président ne devrait utiliser pour lui-même », a réagi le démocrate James Clyburn sur CNN. « Je viens du Sud. Je connais l’histoire de ce mot. C’est un mot qu’il faut utiliser avec beaucoup, beaucoup de prudence », a ajouté l’élu Afro-Américain, soulignant que les trois autres présidents américains ayant été visés par une procédure de mise en accusation – Andrew Johnson, Richard Nixon et Bill Clinton – n’avaient jamais fait de telles références.

Des SMS au cœur de l’enquête

En dépit de la décision de l’exécutif américain de ne pas répondre à leurs demandes, les élus démocrates de la Chambre des représentants poursuivent de leur côté leurs investigations. Mardi, c’est Bill Taylor, chargé d’affaires américain en Ukraine, qui devait témoigner à huis clos. Il pourrait apporter de nouveaux éléments sur la question centrale de la procédure en cours : Donald Trump a-t-il utilisé l’arme diplomatique à des fins politiques ? A-t-il fait directement pression, chantage économique à l’appui, sur son homologue ukrainien pour tenter de nuire à son rival démocrate Joe Biden ?

Des SMS embarrassants pour le président américain, qui sont aux mains des enquêteurs parlementaires, devraient être au cœur des auditions. Dans un message daté de début septembre adressé à Gordon Sondland, ambassadeur des Etats-Unis auprès de l’Union européenne, Bill Taylor s’inquiétait ouvertement des pressions exercées par la Maison Blanche sur la présidence ukrainienne. Je « trouve ça dingue de suspendre l’aide sécuritaire en échange d’un coup de main pour une campagne politique », écrivait-il.

Les démocrates ont assez de voix pour voter la destitution de Donald Trump

Pour l’heure, l’ancien magnat de l’immobilier s’emploie à s’assurer du soutien sans faille des élus républicains. « 95 % d’opinions favorables au sein du parti républicain. Merci ! », a-t-il tweeté, en guise de piqûre de rappel à ceux qui, dans son camp, exprimeraient leurs états d’âme ou seraient tentés de se retourner contre lui.

Forts d’une confortable majorité à la Chambre, les démocrates ont assez de voix dès aujourd’hui pour voter la mise en accusation («impeachment » en anglais) de Donald Trump. La seconde manche se jouerait alors au Sénat à qui il reviendrait de mener le procès du président. Or celui-ci ne peut être destitué que si une majorité des deux tiers des sénateurs le décident, ce qui ne serait possible qu’avec des voix républicaines.

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