Prix : L’Insee table sur une inflation « entre 3 % et 3,5 % » au premier semestre

Attention à vos portefeuilles, les prix vont continuer de monter. L’inflation devrait en effet accélérer un peu plus que prévu au premier semestre pour atteindre « entre 3 % et 3,5 % », a estimé mardi l’ Insee. L’institut a en outre légèrement révisé à la baisse à 0,3 % sa prévision de croissance pour le premier trimestre.

En janvier, l’inflation a déjà atteint 2,9 % sur un an, et ce mouvement devrait se poursuivre avec une répercussion des hausses des coûts de production alimentaires et industriels, poussés par l’augmentation des prix de l’énergie et des matières premières ces derniers mois, détaille l’Insee dans son nouveau point de conjoncture. Les prix alimentaires devraient par exemple s’afficher en hausse de 2,5 % en juin sur un an, contre +1,5 % en janvier.

L’hypothèse d’un baril à 90 dollars

Dans ses précédentes prévisions publiées mi-décembre, l’Institut national de la statistique tablait sur une inflation globale au-dessus de 2,6 % pour le premier semestre 2022. Mais depuis, au-delà de la vigueur de la reprise économique qui renchérit les prix des matières premières, les « fortes tensions géopolitiques », notamment en Ukraine, ont de nouveau tiré les prix du pétrole vers le haut, note l’Insee, qui fait désormais l’hypothèse d’un cours du baril à 90 dollars, contre 75 dollars précédemment.

Cette accélération de l’inflation devrait toutefois être contenue par les mesures mises en place pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages : chèque énergie, indemnité inflation, blocage des prix du gaz ou encore le plafonnement de la hausse des prix de l’électricité. « Sans elles, la prévision d’inflation pour février aurait été rehaussée d’au moins un point de pourcentage », soit plus de 4 %, évalue l’Insee.

En ce qui concerne l’activité économique, l’Insee a légèrement abaissé à 0,3 % sa prévision de croissance pour le premier trimestre, contre 0,4 % précédemment, à cause de l’arrivée du variant Omicron. Les restrictions mises en places (jauges, prolongation de la fermeture des discothèques, protocole dans les écoles, pass vaccinal,…) et l’absentéisme au travail provoqué par les nombreuses contaminations ont en effet dégradé les perspectives dans le commerce et les services et freiné la consommation des ménages, « en particulier dans l’hébergement-restauration, les services de transport ou les loisirs ».

Mais ce ralentissement de l’économie, après la croissance de 0,7 % au dernier trimestre 2021, ne devrait être que « temporaire », selon l’institut. L’Insee a ainsi relevé de 0,1 point sa prévision de croissance pour le deuxième trimestre, à +0,6 %, avec notamment une « lente dissipation » des difficultés d’approvisionnement. Il alerte toutefois sur les difficultés de recrutement, qui « atteignent des niveaux records ».