Présidentielles 2022 : A Lille, Anne Hidalgo présente son « projet de reconquête » et tente de se relancer

« Je viens porter un projet de reconquête. Sociale, écologique, démocratique », a déclaré Anne Hidalgo lors de son premier grand meeting à Lille​ samedi. Devant 1.700 personnes, la maire de Paris a lâché ses coups contre le sortant Emmanuel Macron et la droite en défendant « une candidature qui refuse la capitulation identitaire », et lâché ses coups contre le sortant Emmanuel Macron. La candidate à l’élection présidentielle déclarée à Rouen il y a un mois et demi, végète dans les intentions de vote, autour de 4 à 7 %, derrière l’écologiste Yannick Jadot et l’insoumis Jean-Luc Mélenchon.

« Je suis là pour le peuple de France, pour qu’après tant d’indifférence et de condescendance, on lui rende justice et considération […] Je porte en moi la France comme seule peut la porter quelqu’un qui l’a choisie », a déclaré cette immigrée espagnole naturalisée à 14 ans. « Je représente ce que beaucoup de nos adversaires aimeraient faire taire : une femme, de gauche, d’origine étrangère, profondément européenne. Je suis celles et ceux dont certains cherchent à écraser la voix. »

Une loi pour « le droit de mourir dans la dignité »

Se plaçant en « héritière des combats » sociaux de Lionel Jospin, François Hollande et Ségolène Royal, elle a égrené une longue série de propositions, et d’abord « une rémunération digne pour chacune et chacun. Digne pour les premiers de corvées en augmentant les salaires, et digne pour les premiers de cordée, qui doivent partager équitablement la valeur ajoutée dans les entreprises ».

Anne Hidalgo veut aussi lancer « une politique pour encourager massivement le syndicalisme », mettre en place « une assurance chômage universelle », et faire de la santé mentale « une grande cause » de son quinquennat. Elle prévoit également de généraliser « l’encadrement des loyers dans les zones tendues », de créer « un service public de la petite enfance » et de mettre en place une loi pour « le droit de mourir dans la dignité ».

Augmenter le salaire des profs

La candidate portera aussi dans la campagne les objectifs, entre autres, de porter à « 60 % d’une classe d’âge le nombre de diplômés du supérieur », « atteindre la neutralité carbone en 2050 », « une réforme profonde de nos institutions », et « une loi de programmation sociale dès l’été 2022, pour atteindre l’égalité totale des salaires en 5 ans » entre hommes et femmes.

En matière d’éducation, Anne Hidalgo a répété sa proposition, critiquée par ses opposants qui la jugent irréaliste, « de multiplier par deux le traitement de toutes les personnes au contact avec les élèves, ou pour commencer, d’aligner a minima le salaire des nouveaux professeurs sur le salaire des bac + 5 ». Sur le plan écologique, elle prévoit notamment de mettre en place un « ISF climatique » pour « les ménages aisés dont le patrimoine émet le plus de carbone ».

Soutien à gauche

Alors que les deux-tiers des sympathisants de gauche souhaitent une union de leur camp au premier tour, selon un sondage Ipsos, la candidate doit convaincre qu’elle peut créer une dynamique et faire oublier l’échec de la dernière présidentielle pour le PS (6,3 % pour Benoît Hamon). Autour de la maire de Lille Martine Aubry, première mentor politique d’Anne Hidalgo, l’ancien Premier ministre Bernard Cazeneuve lui a déclaré samedi son « soutien absolu » et Olivier Faure l’a assurée qu’elle pouvait « compter sur tous les militants ».

« C’est parti », s’est écrié à l’issue du meeting le député Boris Vallaud, tandis que le maire de Saint-Denis Mathieu Hanotin a apprécié « l’ancrage des valeurs de gauche ». « Une chose est sûre, la gauche sera présente à la présidentielle, et avec une femme », a affirmé Michael Delafosse, maire de Montpellier. Absent, l’ex-chef de l’Etat, François Hollande, très critique sur l’émiettement de la gauche et ses candidatures « lilliputiennes », a assuré qu’il voterait pour elle.