France

Présidentielle 2027 : David Lisnard quitte Les Républicains officiellement.

David Lisnard a remis officiellement mardi sa lettre de démission à Bruno Retailleau lors d’une rencontre au Sénat. Il a confirmé déplorer le maintien de ministres LR au gouvernement, malgré la décision de Sébastien Lecornu de suspendre la « réformette des retraites ».


La rupture est désormais définitive entre Les Républicains (LR) et David Lisnard. Le maire de Cannes, qui aspire à des ambitions présidentielles, a officiellement remis sa démission à Bruno Retailleau, le président du parti, lors d’une rencontre au Sénat, mardi.

Lisnard critique les ministres LR du gouvernement de Sébastien Lecornu. La lettre du président de l’Association des maires de France (AMF), qui avait annoncé son intention de quitter LR jeudi dernier, est « assez virulente, mais la rencontre entre les deux hommes s’est bien passée », selon une source au sein du parti. « Je quitte LR parce que le parti n’a pas quitté tout simplement ses ambiguïtés et la macronie », a expliqué David Lisnard sur France 2. Il a aussi déploré la présence de ministres LR dans le gouvernement, malgré la décision de Sébastien Lecornu de suspendre la « réformette des retraites ».

Concernant sa candidature à la présidentielle, Lisnard a affirmé qu’il n’était pas question d’une candidature de témoignage, soulignant qu’il portait « un projet puissant pour que la France soit respectée, qu’elle soit indépendante et gagnante ». Il a réitéré sa proposition d’organiser une primaire de la droite qui inclurait le centre-droit jusqu’à Sarah Knafo (Reconquête).

L’organisation d’une primaire constitue le principal point de divergence avec LR, qui a engagé sa course vers l’Élysée début février. David Lisnard avait récemment exprimé sa colère contre les décisions du bureau politique de LR, qui a choisi de ne pas organiser de primaire ouverte. Ce bureau soumettra le 11 avril à ses adhérents trois options : désigner directement Bruno Retailleau comme candidat, une primaire réservée aux adhérents ou une primaire plus ouverte aux sympathisants.

Au cours des dernières années, David Lisnard a fréquemment évoqué la possibilité de quitter Les Républicains. Il avait menacé de le faire à l’automne dernier, lorsque les députés de son parti ont refusé de censurer le gouvernement de Sébastien Lecornu. Après les élections européennes, il avait déjà déclaré que LR était « mort ». Le lendemain du bureau politique, il avait annoncé sur BFMTV qu’il quitterait bientôt le parti et dénoncé « un vote biaisé, un vote truqué » concernant la désignation du candidat à la présidentielle.

Au sein de LR, certains attribuent cette décision de rompre avec Bruno Retailleau à la pression exercée par les adhérents de Nouvelle Énergie, le mouvement fondé par Lisnard, ainsi qu’au soutien qu’il a reçu d’Éric Ciotti, ancien président de LR, dans le contexte local des Alpes-Maritimes. Ce dernier s’est allié au Rassemblement national pour conquérir la mairie de Nice. Content que Lisnard ait choisi de quitter le « Titanic LR », le député des Alpes-Maritimes l’a invité à le rejoindre pour sortir de son « isolement ». David Lisnard a répondu sur France 2 : « Si je devais être au RN, je serais au RN. Or, je n’y suis pas ».