Présidentielle 2022 : Pour son premier grand meeting, Valérie Pécresse tente d’évacuer son image « techno »

A droite, certains la poussaient à aller plus loin, à mettre un peu plus d’elle-même, à donner un peu de chair à sa campagne. Pour son premier gros meeting, Valérie Pécresse avait la pression. « Elle maîtrise tous les sujets, mais elle n’imprime pas. Il faut qu’elle prenne des risques. Le meeting peut être un moment fondateur pour fendre l’armure », soufflait cette semaine l’un de ses soutiens. En stagnation dans les sondages et en proie aux critiques internes, la candidate Les Républicains à la présidentielle espérait bien se relancer, devant plus de 6.000 partisans présents ce dimanche au Zénith de Paris.

« Pas de fatalité, ni au grand remplacement, ni au grand déclassement »

Dans la salle chauffée à blanc, tout est fait pour que Valérie Pécresse soit mise en valeur. Survoltés, les jeunes Républicains mettent l’ambiance. Ses anciens rivaux du Congrès LR prennent la parole, mais en contrebas de la scène, et de manière succincte. Il ne faut pas faire trop d’ombre à la femme du jour. « Vous connaissez son ADN, sa marque de fabrique ce sont les résultats. La droite courageuse, elle est dans cette salle avec Valérie Pécresse, elle n’est nulle part ailleurs », lance au micro Xavier Bertrand, le président LR des Hauts-de-France. « L’enjeu c’est que la France reste la France. Le temps de l’autorité est venu. Nous avons avec Valérie une femme de courage, qui a témoigné en toutes circonstances de son engagement pour la défense de la Nation », ajoute Eric Ciotti, très applaudi.

La musique retentit, les drapeaux tricolores s’agitent. Valérie Pécresse fend la foule pour arriver sur scène. « Enfin ! Enfin nous voici tous réunis. Vous m’avez manqué ! Votre affection me porte. Mais désormais, c’est au peuple de France que je dois me donner ». La candidate LR évoque d’abord son projet et dresse le portrait de sa « nouvelle France ».

Meeting de Valérie Pécresse au Zénith de Paris.
Meeting de Valérie Pécresse au Zénith de Paris. – Olivier Juszczak/20Minutes

« Depuis dix ans, nos gouvernants ont abîmé la France, nous sommes à la croisée des chemins. [Mais] il n’y a pas de fatalité, ni au grand remplacement, ni au grand déclassement. Je vous appelle au sursaut. Cinq ans, c’était trop. Dix ans, ce sera trop tard », lance-t-elle, dans une attaque à Eric Zemmour et à Emmanuel Macron. L’ex polémiste de Cnews, aux coudes à coudes dans les sondages, est, avec le chef de l’Etat, la principale cible de l’ancienne ministre de l’Enseignement supérieur. « Je défends l’identité française, la vraie, car la France n’est pas une nostalgie, c’est une énergie. Etre français, ce n’est pas se résigner, c’est se relever. »

« Mes chers compatriotes, vous êtes en droit de savoir qui je suis »

Pendant plus d’une heure, la Chiraquienne déroule son texte, lisant son prompteur de manière parfois trop mécanique. L’ex énarque tente aussi quelques mots plus personnels en fin de discours. « Mes chers compatriotes, vous êtes en droit de savoir qui je suis. Je suis née un 14 juillet… » L’objectif : répliquer à ceux qui jugent sa campagne trop « technique » et « technocratique », à l’image de Rachida Dati, bien présente au premier rang. La candidate évoque donc son histoire personnelle et sa famille, d’une voix plus douce. « Depuis l’enfance, la France coule dans mes veines. La France des bals populaires, des feux d’artifice et du tour de France », poursuit-elle. Mais la candidate ne semble pas vraiment à l’aise avec l’exercice et refuse d’évoquer « ses cicatrices ». « Elles n’appartiennent qu’à moi et aux miens. Avec cette pudeur je ne transigerai pas », dit-elle.

Suffisant pour donner de l’incarnation et balayer l’image trop « techno » de ce début de campagne ? Malgré la satisfaction des ténors de la droite, tous présents à Paris, il est encore tôt pour le dire. D’autant qu’un membre de la famille brillait par son absence ce dimanche au Zénith. Nicolas Sarkozy, qui n’est pas tendre avec son ancienne ministre en privé, tarde toujours à la soutenir publiquement. En citant à plusieurs reprises l’ancien chef de l’Etat, Valérie Pécresse aura pourtant tout tenté, ce dimanche, pour obtenir sa future bénédiction.