Présidentielle 2022 : Marine Le Pen a policé son discours mais son programme reste aussi radical, selon une étude

Marine Le Pen a policé son discours mais son programme reste aussi radical, affirme une étude de la fondation Jean-Jaurès parue ce lundi.

La candidate d’extrême droite à la présidentielle s’est efforcée, depuis son arrivée en 2011 à la tête du Front national (devenu Rassemblement national), « d’adopter une communication beaucoup plus lisse » mais son positionnement est « tout aussi radical » notamment sur les enjeux culturels et migratoires, écrit ce centre de réflexion classé à gauche. « Si la dédiabolisation n’est pas programmatique, elle est clairement discursive », dit cette étude.

Face à son rival Eric Zemmour

Sur la forme, cette « dédiabolisation » a été favorisée par la « rhétorique plus dure » de son rival, Éric Zemmour, et une « ligne plus stricte » de la droite dite modérée de LR, ainsi que par le parti présidentiel LREM, dans un contexte de « transformation du paysage médiatique » favorisant une « normalisation des idées de droite radicale ».

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait ainsi accusé Marine Le Pen d’être « un peu molle » lors d’un débat télévisé en février 2021, tandis que le député LR Éric Ciotti plaidait pour un « Guantanamo à la française » et que Valérie Pécresse, future candidate, établissait un « lien » entre le terrorisme et « l’immigration la plus récente ».

Transformation du FN ?

Si sur le plan économique, le FN est passé, dans les années 2000, du néolibéralisme au « social-populisme », du parti antitaxes à un « impôt sur la fortune financière » et aux mesures en faveur du pouvoir d’achat, il est « toujours radical » sur les questions culturelles, souligne la fondation.

Marine Le Pen propose toujours « des mesures fortes pour promouvoir la loi et l’ordre ». Elle promettait ainsi à Brest en février de mettre un terme « au règne de la terreur des mafias de la drogue, dont les crimes n’ont d’égal que l’idéologie islamisante à laquelle ils sont si souvent associés », et d’instaurer une légitime défense pour les forces de l’ordre.

Plus dur sur le plan migratoire

Sur le plan migratoire, son programme s’est « durci » depuis 2010, selon la fondation. Elle prévoit pour 2022 d’inscrire dans la Constitution la « priorité nationale » qui privera les étrangers de plusieurs prestations. Elle veut aussi, comme Éric Zemmour, expulser les clandestins, les criminels et délinquants étrangers, et les fichés S étrangers, ainsi que les étrangers sans emploi depuis plus d’un an.

Sur le plan de son image, elle suscite toujours l’inquiétude d’une majorité de Français, (51 %, contre 53 % en 2017) mais désormais 39 % des Français (contre 21 %) considèrent qu’elle a l’étoffe d’une présidente de la République, et 46 % qu’elle « comprend bien les problèmes des gens comme nous » (contre 22 %). Vêtue de couleurs claires, souriant en permanence, la candidate a choisi de se présenter comme la « présidente de la paix civile », de « l’unité nationale ».