Présidentielle 2022 : L’abstention favorise-t-elle toujours le Rassemblement national ?

C’est une tendance qui se dessine. Sondage après sondage, les instituts prédisent une mobilisation en net recul au premier tour de l’élection présidentielle. Eclipsé par la crise sanitaire puis la guerre en Ukraine, le scrutin pourrait connaître une abstention supérieure au record enregistré le 21 avril 2002. A l’époque 28,4 % des électeurs ne s’étaient pas déplacés.

Selon une enquête BVA/RTL/Orange publiée le 21 mars, seulement 71 % des personnes interrogées se déclarent sûres de se rendre aux urnes les 10 et 24 avril prochains. Soit une abstention de 29 %.

Du temps de Jean-Marie Le Pen, les sondeurs constataient que la faible mobilisation dans les urnes donnait un avantage au Front national – devenu Rassemblement national sous la présidence de Marine le Pen dans une volonté de « dédiabolisation » –, l’électorat du parti d’extrême droite étant plus mobilisé que celui des autres formations politiques.

Les régionales de 2021 ont redistribué les cartes. Cette élection devait être une rampe de lancement vers la présidentielle pour Marine le Pen, dont la mauvaise prestation lors du débat de l’entre-deux tours face à Emmanuel Macron demeure dans les esprits des militants. Las, l’électorat frontiste avait fait plus que bouder le vote, dépassant le niveau national de l’abstention en culminant à 69 %, selon un sondage Ipsos/Sopra Steria publié dans la foulée du premier tour.

A quelques jours du premier tour de la présidentielle, Marine le Pen redoute cette abstention qui ne semble plus être un allié pour le parti fondé par son père, comme nous l’expliquons dans la vidéo en illustration.