Présidentielle 2022 : Christiane Taubira ira « jusqu’au bout mais » prône toujours le rassemblement

A la rencontre de six Français dans les locaux du Parisien, Christiane Taubira est arrivée en retard. Pas de quoi retirer son sourire à la candidate investie par la Primaire populaire. Interrogée sur ses différences avec Anne Hidalgo, l’ancienne garde des Sceaux a livré trois éléments déterminants : sa liberté, n’ayant « jamais été une femme de parti », un « socle démocratique » plus important que la maire de Paris, « élue par 75 % de 22 000 militants » alors que la Primaire populaire a compté vingt fois plus de votants, et son « expérience de gouvernement ».

Mais c’est surtout le sérieux et la solidité de la candidature de la Guyanaise qui était questionnés. Alors qu’elle n’a récolté que 46 parrainages sur les 500 requis, elle a estimé que la possibilité que sa candidature « qui a rassemblé plus d’un demi-million de personnes » ne puisse être validée était « un sujet ». Pourtant, Christiane Taubira est à la peine dans les sondages, au maximum à 5 % d’intentions de vote, bien loin de la barre des 10 % fixée par François Bayrou pour venir piocher dans la réserve de parrainages que le maire de Pau veut créer.

Taubira rêve toujours d’une candidature unique à gauche

L’ancienne garde des Sceaux assume d’ailleurs une campagne qui se fait « avec de l’huile de coude et de l’huile de genou », dans une équipe uniquement composée de bénévoles. Alors, tant d’efforts pour si peu de résultats, cela vaut-il vraiment le coup ? « J’irai jusqu’au bout mais » Christiane Taubira brandit le « mandat de rassemblement » que lui ont confié les électeurs de la Primaire populaire, rêvant toujours d’une « candidature unique ». « Je vois que sur le terrain le rassemblement est possible et tangible », explique-t-elle. Derrière qui ? La candidate a rencontré Yannick Jadot cette semaine.

Et si cette union ne se fait pas, elle se dégage de toute responsabilité de défaite de la gauche. « Jean-Luc Mélenchon, Yannick Jadot, Anne Hidalgo se disent publiquement des choses désagréables. Vous ne trouverez jamais une seule déclaration désagréable de ma part », critique-t-elle. L’union, c’est pas gagné.