Présidentielle 2022 : A Toulouse, Mélenchon se pose en seul recours face à Macron et l’extrême droite

Dans un froid glacial, près de 25.000 personnes se sont réunies ce dimanche après-midi sur la place du Capitole pour venir écouter Jean-Luc Mélenchon à l’occasion de son dernier meeting en plein air, une semaine avant le premier tour de la  Présidentielle. A Toulouse, dans une ville qui l’avait placée en tête devant Emmanuel Macron en 2017 lors du premier tour, le tribun Insoumis s’est posé en seul recours face au président sortant et à l’extrême droite.

En rempart face à Macron et l’extrême droite

Donné troisième dans les derniers sondages, avec 15 % des voix derrière le sortant et la candidate du Rassemblement national, il a mis en garde sur « le danger d’éclipse du débat si Le Pen ou Zemmour sont au second tour face à Macron ». Le député des Bouches-du-Rhône a ainsi égrainé les sujets, de la retraite à 60 ans en passant par la hausse du SMIC, autant de marqueurs qui le différencie des trois autres candidats.

Mais au-delà de ses clivages avec l’extrême droite, il a aussi voulu convaincre sur des thèmes chers à la gauche. En particulier l’écologie, un terrain occupé par le candidat des Verts Yannick Jadot dont il n’a pas une seule fois cité le nom. « Ces trois-là ne parleront pas de sortir du Nucléaire, si vous m’élisez, on commencera tout de suite le plan de sortie », a-t-il promis devant une foule acquise.

Il a aussi embrayé sur sa volonté d’interdire les pesticides, la malbouffe ou les fermes usines. Ou encore la ressource en eau, une question sur laquelle il veut faire « un travail de planification » et mettre fin en parallèle à l’agriculture intensive. « Pour un kilo de bœuf, il faut 15.000 litres d’eau, ça vaut la peine que l’on réfléchisse », a-t-il lancé.

Mais il ne s’est pas limité à dérouler son programme pour tenter de convaincre ceux qui seraient tentés de voter Jadot au premier tour. Il a aussi fustigé celui qui fait la course en tête, raillant son meeting d’hier, « un festival de bobards ». « La dernière fois que je suis allée à l’Arena, c’était pour aller voir les Pink Floyd. C’était plus rempli et moins planant », a-t-il ironisé à propos du rassemblement politique d’Emmanuel Macron.

Macron, celui qui «a fair entrer le privé dans l’Etat»

Il a aussi pointé la reprise du slogan de Philippe Poutou « nos vies valent plus que leurs profits » par le président sortant, l’accusant d’être allé très loin dans le libéralisme, d’être celui qui a « fait entrer le privé dans l’Etat ». Au-delà des suppressions de postes à l’hôpital ou dans certains services de l’Etat comme l’Office national des forêts, le représentant de L’Union populaire n’a pas manqué d’exprimer son avis sur l’affaire Mckinsey, du nom de ce cabinet de conseils auquel a eu recours le gouvernement pour plus d’un milliard d’euros l’an dernier.

« C’est le salaire annuel de 1.200 fonctionnaires. Ils ont dépensé 500.000 euros pour réfléchir sur le futur du métier d’enseignant. Il y a 200 inspecteurs généraux dont c’est le métier, il suffisait de leur demander et c’était gratuit. Si vous m’élisez, il sera interdit de confier au privé ce que l’Etat et ses fonctionnaires sont capables de faire », a-t-il assuré, indiquant qu’il proposerait l’ouverture d’une enquête préliminaire à l’encontre du cabinet de conseils.

Face au capital, il s’est posé en défenseur du pouvoir d’achat, proposant de bloquer les prix. Il a aussi rappelé qu’il était favorable à l’amnistie des gilets jaunes, des syndicalistes, « comme de tous ceux qui nous ont défendus comme les lanceurs d’alerte qui ont fait preuve de courage ».

Des propositions qu’il va devoir encore porter au cours de la semaine à venir pour tenter de gagner encore des voix. « Jusqu’à la dernière limite, nous nous battrons pour aller chercher avec les dents la victoire attendue », a-t-il assuré.