Présidence de LR : Christian Jacob, « la force tranquille des Républicains », devenu favori

Christian Jacob à l’Assemblée. — GERARD JULIEN / AFP

  • Depuis la démission de Laurent Wauquiez, la droite se cherche un nouveau chef.
  • Christian Jacob est favori pour prendre la tête de LR lors du scrutin prévu en octobre prochain.
  • Le président du groupe à l’Assemblée lance officiellement sa campagne ce mardi soir à Villeneuve-Loubet, dans les Alpes-Maritimes, pour « rassembler, réconcilier, rebâtir ».

Le pouvoir vient parfois sans qu’on le souhaite vraiment. A droite, Christian Jacob n’a jamais cherché à jouer les premiers rôles. Mais la crise et les divisions l’ont poussé à se porter candidat à la tête du parti. Face à Julien Aubert et Guillaume Larrivé, l’ancien agriculteur fait aujourd’hui figure de favori pour devenir le nouveau patron des Républicains à la mi-octobre*. Un choix par défaut ? « Je n’y vais pas le pistolet sur la tempe, les mains attachées dans le dos », se défend l’intéressé à L’Obs. Le chiraquien de 59 ans a pourtant hésité avant d’entrer dans la danse, fin juin, poussé par les appels du pied de Nicolas Sarkozy ou de Laurent Wauquiez.

La « force tranquille » des Républicains

Le président du groupe LR à l’Assemblée lance officiellement sa campagne ce mardi soir à Villeneuve-Loubet, dans les Alpes-Maritimes, pour « rassembler, réconcilier, rebâtir ». Le consensus pour programme, afin de combler le vide et éviter les guerres fratricides des dernières années. « Il incarne la sérénité, le rassemblement. Il n’est pas dans les querelles de personnes, comme on n’a pu connaître par le passé et qui ont été dévastatrices à droite », soutient le député du Pas-de-Calais Pierre-Henri Dumont.

Après les débâcles électorales, les départs de nombreux cadres, l’hémorragie de militants, le parti joue sa survie dans la stabilité. « Il faut à la présidence quelqu’un qui incarne notre famille politique, en étant suffisamment ouvert, tolérant, expérimenté pour pouvoir parler à tous, sans sectarisme », affirme Roger Karoutchi. « Christian Jacob n’a besoin de rien, il n’a pas d’ambition personnelle, il a déjà été ministre, patron de fédération, président de groupe. On a besoin d’un président affirmé mais stable. Ce sera la force tranquille des Républicains… qui en ont bien besoin », poursuit le sénateur des Hauts-de-Seine.

« Ce n’est pas le profil idéal. Mais il est parfait pour tenir la maison »

Christian Jacob le répète à l’envi : il n’a jamais rêvé d’élection présidentielle. « Je suis bonapartiste dans le fonctionnement. Mais le temps est au collectif, le Bonaparte on ne l’a pas ! Ça se saurait, sinon je ne serais pas candidat », ironise-t-il à L’Obs. La crise à droite a transformé ce manque d’ambition en principal atout. La grande majorité des cadres LR a vite soutenu le profil rassurant de Christian Jacob, qui leur permet aussi de gagner du temps. « Il doit être candidat pour lui-même, non par procuration. Il ne faudrait pas qu’il se laisse emprisonner par ceux qui veulent que rien ne change », a tout de même titillé le patron des sénateurs LR Bruno Retailleau. « Il n’y pensait pas forcément avant, mais s’il n’avait pas envie, il ne serait pas candidat », confie un cadre du mouvement. « Ce n’est pas le profil idéal. Mais il est parfait pour tenir la maison, sinon ça aurait pu être Morano… ».

L’ancien syndicaliste agricole a montré, pendant neuf ans à la tête du groupe parlementaire, qu’il savait traverser les crises. « L’élection ne ressemble pas aux scrutins surexcitants des années passées car la droite est en situation d’urgence. On a besoin d’un constructeur, quelqu’un qui fait le boulot dans l’ombre. La situation impose une candidature d’humilité, une candidature besogneuse. Christian Jacob est ce besogneux, qui porte une ambition collective, développe le député du Lot Aurélie Pradié. Il a cette qualité politique qui est devenue désuète : c’est un serviteur. Mais il ne faut pas le sous-estimer, il va être plus réformateur qu’on ne le pense ».

Roger Karoutchi poursuit : « Certains disent qu’il est un candidat par défaut car personne n’imaginait devoir succéder à Wauquiez. Mais depuis sa démission, la candidature Jacob est apparue naturelle à beaucoup ». Et en vieux briscard, il prévient : « Attention, la victoire n’est pas faite. En 1999, Delevoye, le candidat favori [et soutenu par l’Elysée] avait été battu par Michèle Alliot-Marie ».

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