Près de deux enfants sur trois ne sont pas bien attachés en voiture.
Près de 78 % des accompagnateurs estimaient que leur enfant était correctement installé au moment de l’enquête menée par l’association. L’association Prévention routière recommande des sièges baquet (avec harnais ou bouclier) jusqu’aux 105 cm de l’enfant, puis des rehausseurs jusqu’à 135 cm.
Près de deux enfants sur trois sont mal attachés en voiture en France, selon une étude récente de l’OURSE (Observer sur les Routes la Sécurité des Enfants) réalisée par l’association Prévention routière et publiée jeudi.
Ces négligences peuvent avoir des conséquences graves en cas d’accident, entraînant des blessures sérieuses, notamment à la tête (54 %), à la colonne vertébrale (15 %) et au thorax (13 %).
Parmi les erreurs courantes, on retrouve un mauvais réglage du harnais, une ceinture froissée ou mal serrée. Ces éléments sont souvent méconnus des conducteurs. Ainsi, près de 78 % des accompagnateurs pensaient que leur enfant était correctement installé lors de l’enquête de l’association. 20 Minutes propose de passer en revue les bonnes pratiques à adopter pour assurer la sécurité des enfants en voiture.
Choisir le bon siège adapté à l’enfant (et à sa taille)
Il est essentiel de sélectionner le bon dispositif pour l’enfant qui, jusqu’à 10 ans, « doit obligatoirement voyager dans un siège auto adapté à son âge et à sa morphologie », souligne le site de la Sécurité routière. Au-delà de cet âge, l’enfant doit être attaché, comme tous les autres passagers, par une ceinture de sécurité. Comment choisir un siège ? Est-ce une question d’âge ou de poids ?
De la naissance à 15 mois – et au minimum 83 cm de taille –, les jeunes enfants doivent être placés « impérativement » dos à la route, de préférence dans un siège coque adapté à leur taille et à leur poids.
La taille de l’enfant devient ensuite un critère clé. « Il s’agit d’une question d’adéquation du siège avec l’enfant et le véhicule », indique Christophe Ramond, directeur des études et recherches de l’association Prévention routière. De plus, la norme R129, introduite en 2013, classe désormais les sièges selon la taille et non plus le poids.
L’association Prévention routière recommande l’utilisation de sièges baquet (avec harnais ou bouclier) jusqu’à 105 cm, suivis de rehausseurs jusqu’à 135 cm.

Dans tous les cas, les sièges et rehausseurs doivent obligatoirement être homologués. L’association souligne également l’importance de bien lire les notices, car les procédures d’installation varient.
Le dos à la route jusqu’à 15 mois, minimum
Pour les enfants de moins de 15 mois, il n’y a pas de doute : leur siège doit être placé dos à la route (idéalement à l’arrière du véhicule). Cela concerne leur morphologie.
« Les jeunes enfants ont une tête proportionnellement plus grosse et leur colonne vertébrale n’est pas encore totalement développée. En étant dos à la route, le siège soutient la tête en cas de décélération », explique Stéphane Buffat, directeur du Lab (Laboratoire d’accidentologie et de biomécanique). S’ils sont face à la route, la tête peut subir un mouvement de flexion, causant des lésions. De plus, si les enfants sont mal attachés, ils pourraient avancer et heurter le siège avant.
Si votre enfant a plus de 15 mois, il est recommandé de continuer à privilégier la position dos à la route, car certains fabricants proposent des sièges adaptés pour les plus grands.
Pourquoi il faut enlever les manteaux des enfants
Dans la crainte qu’ils aient froid ou sous l’effet de la précipitation, il est courant de laisser les enfants en voiture avec leurs manteaux. C’est une grave erreur.
Il est impératif d’enlever les manteaux ou couches épaisses avant d’installer les enfants dans les sièges auto. Cela est nécessaire pour deux raisons : d’une part, l’épaisseur des vêtements empêche de bien serrer le harnais ou la ceinture, créant un jeu et diminuant le maintien en cas de choc. D’autre part, le harnais peut glisser sur les épaules et ne pas protéger correctement.
« Il existe un risque de projection en cas d’accident, l’enfant peut heurter le siège de devant ou subir des blessures abdominales », prévient Christophe Ramond de la Prévention routière.
Attention au placement du harnais et de la ceinture
Le positionnement incorrect des sangles constitue l’une des erreurs les plus fréquentes. « Souvent, nous voyons des harnais mal attachés ou non serrés, permettant à l’enfant de se dégager », observe Christophe Ramond.
Le harnais doit être correctement placé sur les épaules et ajusté au plus près du corps de l’enfant. « Si vous pouvez pincer la sangle ou passer plusieurs doigts entre celle-ci et le corps, c’est incorrect », rappelle le directeur des études de l’association Prévention routière.

Les sangles ne doivent pas vriller, tout comme les ceintures (avec ou sans rehausseurs), qui sont souvent mal positionnées. Ces erreurs peuvent entraîner différents risques, comme une ceinture placée trop haut sur le ventre, provoquant des lésions internes graves.
La ceinture doit être positionnée au niveau du bassin et du haut des cuisses. Sur le buste, elle doit passer à plat sur l’épaule de l’enfant, sans toucher le cou. Il est également essentiel de veiller à ne pas positionner la ceinture au-dessus des accoudoirs lorsque l’enfant est dans un rehausseur.
Une « vigilance de tous les instants »
Bien que ces vérifications puissent sembler fastidieuses, elles sont essentielles et doivent être effectuées avant chaque départ, et tout au long du trajet. « Il est important de jeter un coup d’œil à l’arrière, de vérifier de temps en temps que l’enfant n’a pas bougé ou retiré les bras… C’est une vigilance de tous les instants », explique la Prévention routière.
L’association recommande également d’impliquer les enfants dans cet apprentissage de la sécurité, surtout ceux qui peuvent s’attacher seuls. « Il n’est pas inné de savoir s’attacher en voiture. Il est donc essentiel d’expliquer à l’enfant pourquoi il est important de le faire à chaque fois, même pour de courts trajets, et comment procéder correctement. »

