Pourquoi l’université de Nantes s’est transformée en Nantes Université

Adieu université de Nantes, bonjour Nantes Université ! Le 1er janvier, un nouvel établissement d’enseignement supérieur a été officiellement lancé, le second se substituant au premier. Derrière ce changement de nom d’apparence anodin se cache un projet d’ampleur mais assez complexe, visant au rapprochement entre plusieurs écoles nantaises (Centrale, les Beaux-Arts, l’école d’architecture, l’université) et deux instituts de recherche (Inserm, IRT Jules-Verne) avec le CHU de Nantes. « C’est une configuration inédite en France, se félicite Carine Bernault, élue à la tête du nouvel établissement mi-décembre après avoir assuré la présidence de l’université de Nantes pendant un an et demi. L’objectif est d’unir nos forces pour faire émerger un établissement public d’enseignement supérieur et de recherche de rang mondial à Nantes. »

Concrètement, cet établissement qui regroupe désormais 42.000 étudiants n’est pas une fusion à proprement parler mais un « emboîtement » qui permettra un « décloisonnement ». Conséquence la plus notable pour les étudiants, l’organisation de cet établissement en quatre grands pôles transversaux (humanités, sociétés, santé, sciences et technologie), contre une vingtaine de composantes actuellement rien que pour l’université. Objectifs annoncés : permettre davantage de passerelles entre les disciplines, l’émergence de nouveaux cursus, et « simplifier un fonctionnement aujourd’hui très centralisé », espère la nouvelle présidente. La vie de campus sera elle aussi organisée à l’échelle de Nantes Université, avec des échanges plus fréquents entre les établissements, promet-on. Un nouveau logo vient également d’être dévoilé.

Faire rayonner la recherche

Mais l’objectif de Nantes Université est aussi financier. Car la création de cet établissement expérimental était nécessaire pour percevoir l’importante enveloppe d’environ 40 millions d’euros promise par l’Etat, dans le cadre du projet iSite Next. Depuis plusieurs années, les porteurs de ce projet qui a bien failli ne pas voir le jour veulent placer Nantes à la pointe de la recherche sur des sujets relatifs à la santé et à l’industrie du futur (biothérapies innovantes, technologies avancées de production…).

Mais après plusieurs rebondissements, dont un vote défavorable de Centrale, le projet et les financements associés avaient été suspendus en 2019. Il a fallu deux ans pour remettre Nantes Université sur les rails, et convaincre de nouveaux acteurs de s’associer à cette nouvelle version.