Pourquoi les pompiers de Paris vont-ils être « à flux tendu au moins jusqu’à la fin de l’année » ?

Des sapeurs-pompiers en janvier 2019 à Paris (photo d’illustration). — Clément Follain / 20 Minutes

  • Pendant le confinement, le centre de formation des pompiers de Paris a dû être fermé entraînant mécaniquement une baisse des nouveaux entrants.
  • Cette baisse des effectifs sera notamment compensée par un appel plus important aux réservistes.
  • La Brigade des sapeurs-pompiers cherche à favoriser les recrutements franciliens.

Ils auraient dû arriver dans les casernes parisiennes au cours de l’été. Trois cents jeunes pompiers – l’équivalent de cinq centres de secours – formés pendant quatre mois à la gestion des incendies, aux techniques de sauvetage, à la prise en charge des blessés… L’épidémie de coronavirus en a décidé autrement. Pendant les deux mois de confinement, le centre de formation initiale de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris est resté porte clause. Et le déconfinement, à compter du 11 mai, n’a pas permis de rattraper le retard de formation accumulé. Au contraire. Impossible d’augmenter le contingent de nouvelles recrues tout en s’assurant du respect des gestes barrière, la reprise des recrutements s’est donc faite très progressivement jusqu’à ce mois de septembre.

« Nous sommes malheureusement en sous-effectif depuis plusieurs années mais les mois qui arrivent seront encore plus compliqués. Nous serons à flux tendu au moins jusqu’à la fin de l’année », s’inquiète la lieutenant-colonel Claire Boët, porte-parole des sapeurs-pompiers. Car à ces 300 pompiers en attente de formation – un quart des nouveaux effectifs annuels – s’ajoutent les départs programmés, les fins de contrat… Soit environ une trentaine de départs depuis le déconfinement.

Appel aux réservistes et aux jeunes retraités

Or, l’automne pourrait être plus dense encore que le printemps. Pendant le confinement, les pompiers de Paris se sont vus affectés de nombreuses missions « Covid » mais ont parallèlement vu chuter bon nombre de leurs interventions habituelles. La majorité des Franciliens étant contraints de rester chez eux, les accidents de la route, ceux liés à une pratique sportive ou les missions en marge des manifestations ont fortement chuté. Mais le spectre d’une nouvelle vague et la volonté affichée des autorités de ne pas recourir à un nouveau confinement généralisé pourrait changer la donne.

Pour pallier cette absence dans les casernes, la brigade compte – plus que jamais – faire appel aux réservistes et aux volontaires en service civique. Une quinzaine de pompiers sur le départ ont souscrit un contrat « Covid » qui leur permet de rester une année supplémentaire et d’anciens pompiers, tout juste retraités de la brigade, ont été rappelés. « Cette suspension des formations ne se fera pas ressentir sur le terrain, assure la porte-parole. Il n’y aura pas moins de camions que d’habitude et les effectifs déployés seront les mêmes. » Plusieurs scénarios ont également été anticipés en cas d’une reprise de l’épidémie comparable aux mois de mars et avril. Des effectifs formés mais généralement affectés dans des bureaux pourraient notamment être déployés sur le terrain afin de réarmer des camions.

Recruter en Ile-de-France

Au-delà d’un simple problème ponctuel, cette crise a également poussé les sapeurs-pompiers à repenser le recrutement, en tentant notamment de faire venir dans ses rangs des pompiers originaires de la région parisienne, qui ne représentent, à l’heure actuelle, que 25 % des effectifs. « Les nouvelles recrues sont souvent des pompiers volontaires qui arrivent à la BSPP par le bouche-à-oreille », explique la porte-parole. Traditionnellement, ils faisaient les allers-retours entre leur ville d’origine et leur caserne pour leurs gardes, mais les grèves du mois de décembre 2019 et le confinement ont montré les limites de ce système.

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