Pourquoi les gros clubs du Top 14 ont de plus en plus intérêt à prêter leurs jeunes joueurs

L’ouvreur sud-africain du Stade Toulousain Tristan Tedder devrait être prêté à Béziers. — Pascal Guyot / AFP

  • Encore marginale il y a quelques saisons, la pratique du prêt de joueurs se développe dans le rugby professionnel.
  • La possibilité de récupérer temporairement un élément prêté en Pro D2 lorsqu’un club de Top 14 est privé de ses internationaux français accroît encore son intérêt.

Parmi la multitude d’annonces faites par Didier Lacroix devant la presse, mercredi à Ernest-Wallon, la phrase suivante n’a pas été la plus remarquée. « On va beaucoup utiliser les prêts », a lancé le président du Stade Toulousain, dans l’optique de la saison 2020-2021, dont le démarrage est espéré début septembre.

Pourtant, elle témoigne d’un virage récent amorcé par le rugby professionnel. Il y a encore quelques années, à la différence du foot, les prêts dans l’ovalie étaient aussi rares qu’une troisième mi-temps à l’eau plate. Et puis, la pratique s’est peu à peu répandue, encouragée par des succès comme l’expérience de Thomas Ramos. Parti à Colomiers en 2016-2017, l’arrière-buteur toulousain a explosé en Pro D2, avant de rentrer au bercail pour s’y imposer puis découvrir le XV de France.

Le principe est simple : envoyer un jeune joueur barré par la concurrence en Top 14 s’aguerrir ailleurs, souvent un étage plus bas, plutôt que se coltiner l’insipide et peu compétitif championnat Espoirs. Mais une mesure adoptée le 22 avril par le comité directeur de la Ligue nationale de rugby (LNR) a encore rendu la chose plus intéressante : désormais, les joueurs prêtés par un club de Top 14 à une formation de Pro D2 auront la possibilité de faire l’aller-retour entre les deux divisions en période de « doublons » championnat – matchs de l’équipe de France, soit lors des tournées d’automne puis du Tournoi des VI Nations.

Une mesure pour « les gros pourvoyeurs du XV de France »

« Il y a désormais plus de souplesse au bénéfice des gros pourvoyeurs du XV de France, qui seront ainsi moins pénalisés », explique-t-on du côté de la LNR. D’où l’exemple choisi mercredi par Didier Lacroix, celui de l’ouvreur ou arrière sud-africain Tristan Tedder (24 ans).

« Un joueur fabuleux, auquel on croit beaucoup », selon le patron des Rouge et Noir, mais « qui a besoin de temps de jeu ». « Si nous avons beaucoup de joueurs sélectionnés à son poste [Romain Ntamack, Thomas Ramos…], nous pourrons le récupérer pendant cette période de doublons. »

Grand artisan de la montée de Bayonne en Top 14 lors son prêt sur la côte basque en 2018-2019, Tedder devrait cette fois filer à Béziers, toujours en Pro D2. Le centre néo-zélandais Jarrod Poï (26 ans) est bien parti pour l’accompagner dans l’Hérault, alors que le pilier Hugo Pirlet (23 ans) poursuivra à Colomiers. L’ouvreur Baptiste Mouchous (21 ans) et le demi de mêlée Martin Page-Relo (21 ans) iront s’aguerrir à Carcassonne.

Impossible de prêter plus de six joueurs

Outre ces cinq joueurs, un nouveau prêt est à l’étude pour le deuxième ligne Alexandre Manukula (23 ans) et le troisième ligne Yohann Gbizié (23 ans), qui sortent respectivement d’une saison à Colomiers et à Carcassonne. Ce sera l’un ou l’autre. Car, s’il peut accueillir six (en Top 14) ou huit joueurs (en Pro D2) sous forme de prêt, un club professionnel ne peut pas prêter plus de six joueurs…

Pour l’heure, ce système d’allers-retours entre clubs en période internationale n’est valable que pour la saison à venir. Mais la LNR réfléchit déjà à la possibilité de pérenniser l’expérience, si le test est positif.

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