Pourquoi les fesses de Bob l’éponge et de Patrick ne choquent pas ?
Derek Drymon a confié à 20 Minutes au Festival d’Annecy qu’il ne s’était jamais posé la question de pourquoi les personnages montrent si souvent leurs fesses. Le créateur de Bob l’éponge, Stephen Hillenburg, est mort en 2018, mais ses collaborateurs se sentent une responsabilité à son égard.
Si vous souhaitez faire rire Derek Drymon, réalisateur de *Bob l’éponge – Le film : un pour tous, tous pirates !*, il suffit de lui poser une question sur le fait que les personnages dévoilent souvent leurs fesses. « Je ne m’étais jamais posé la question mais je dois bien admettre que c’est vrai », a-t-il confié à *20 Minutes* lors du Festival d’Annecy.
Ce film très divertissant ne déroge pas à la règle. Notre éponge préférée joue le rôle d’un flibustier manipulé par un capitaine redoutable, doublé par Mark Hamill dans la version américaine. Cela ne l’empêche pas d’exhiber son derrière, et son meilleur ami, l’étoile de mer rose Patrick, n’hésite pas à l’imiter.
### Comme des enfants
« Ce sont des gamins et ils n’ont pas le même rapport à la pudeur que les adultes, explique Derek Drymon. Il ne faut pas non plus oublier qu’ils ne sont pas humains, ce qui apporte une distance supplémentaire. » Cette situation n’est pas nouvelle dans le monde de l’animation ; certains personnages de Disney, comme Donald, se déplacent sans pantalon sans que cela porte atteinte aux bonnes mœurs. C’est également le cas de Patrick, réprimandé par le capitaine pirate qui lui ordonne de mettre un pantalon.
« Bob et ses camarades sont asexués, voire asexuels, insiste le cinéaste. C’est pour cela que la nudité ne choque pas dans leur univers. Les rapports entre les personnages ne se situent pas sur ce plan. » On rit de voir leurs fesses sans qu’elles soient montrées de manière sensuelle. « Ce sont des mômes innocents, martèle Derek Drymon. Ça les fait rire de se montrer en slip et ça fait rire le public aussi. »
### Ne pas cracher sur le potache
Dans une Amérique puritaine, Bob et ses amis insufflent un vent de liberté avec leurs blagues potaches, accessibles aux jeunes spectateurs. « Nos histoires restent visibles par tous les publics », insiste le cinéaste. Contrairement aux *Simpson* et à *South Park*, *Bob l’éponge* demeure très familial, même si le contenu peut parfois devenir absurde. « Stephen Hillenburg, qui a créé ce monde, tenait beaucoup à ce qu’il en soit ainsi et nous mettons un point d’honneur à respecter sa volonté », déclare le cinéaste. Le créateur est décédé en 2018, mais ses collaborateurs ressentent une responsabilité à son égard.
« On se dit qu’il aurait peut-être apprécié cette histoire de pirates et de transmission, soupire Derek Drymon. Beaucoup de gamins se sont imaginés flibustiers, et cela semblait donc idéal que Bob se voie ainsi quand il rêve de gloire et d’aventures. » La petite éponge découvre qu’elle est plus courageuse qu’elle ne l’imaginait, mais le film ne moque pas les peurs enfantines. « C’est l’une des raisons pour lesquelles Bob plaît autant : les enfants se reconnaissent en lui et les adultes s’y retrouvent aussi. »
Ce nouveau long métrage est parsemé de gags volontairement absurdes et d’un délire régressif, ce qui est bénéfique tant pour les grands que pour les petits. *Bob l’éponge – Le film : un pour tous, tous pirates !* est si amusant qu’on espère que Bob et ses amis continueront à montrer leurs postérieurs sur grand écran.

