Pourquoi le Livret d’épargne populaire est-il boudé malgré le Livret A moins avantageux ?
Le taux du Livret A, actuellement de 1,7 %, va passer à 1,5 % à compter de février, selon l’annonce du ministre de l’Economie, Roland Lescure. Le Livret d’épargne populaire (LEP) verra son taux passer à 2,5 % le mois prochain, contre 2,7 % aujourd’hui.
Bientôt, les 57 millions de Français détenteurs d’un Livret A vont faire face à une perte de gains. Le taux de ce livret d’épargne réglementé, actuellement à 1,7 %, sera réduit à 1,5 % dès le mois de février, a annoncé ce jeudi le ministre de l’Economie, Roland Lescure. Cette diminution concernera également le Livret d’épargne de développement durable et solidaire (LDDS). Il s’agit de la troisième baisse en moins d’un an, justifiée par le ralentissement de l’inflation. Avec un encours moyen de 7.482 euros sur un Livret A, cette réduction se traduira par un manque à gagner de 15 euros sur une année pleine.
Parallèlement, le Livret d’épargne populaire (LEP), destiné aux épargnants modestes, verra son taux passer à 2,5 % le mois prochain, contre 2,7 % actuellement. Cependant, malgré la chute du taux du Livret A en un an, les Français hésitent à opter pour le LEP plus intéressant.
En termes d’avantages, le LEP est un livret réglementé, bien rémunéré, sans risque et exonéré d’impôt sur les intérêts. Les retraits peuvent s’effectuer gratuitement à tout moment. Néanmoins, il présente plusieurs inconvénients. Des conditions de revenus sont nécessaires pour son ouverture, avec une éligibilité limitée aux personnes ayant un revenu fiscal allant jusqu’à 22.823 euros pour une personne seule et 35.013 euros pour un couple (deux parts). De plus, le compte est limité à 10.000 euros, tandis que le Livret A peut atteindre 22.950 euros.
Le LEP est généralement méconnu, alors que le Livret A, existant depuis le XIXe siècle, est perçu par des millions d’épargnants comme un lieu de sécurité pour épargner. Les banques et les applications bancaires qui proposent le LEP n’en font pas beaucoup la promotion, car les conseillers ont tendance à favoriser des placements plus rentables ou plus mis en avant, tels que les contrats d’assurance-vie ou les Plans épargne logement (PEL).
Ces livrets réglementés sont défavorisés par rapport aux contrats d’assurance-vie dont les rendements sont restés constants ou augmentent en ce début d’année. Actuellement, les 12 millions de LEP ouverts sont bien en deçà des 31 millions de personnes éligibles, malgré les efforts de la Banque de France et du ministère des Finances. « J’encourage les Français qui sont éligibles, qui respectent les conditions de revenus pour y accéder […], à se rapprocher de leur banque pour ouvrir ce type de livret », a souligné le ministre Roland Lescure ce jeudi.

