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Pourquoi le Guyana est au cœur d’un bras de fer entre États-Unis et Venezuela : « Personne ne menace le Venezuela ! »

La tension monte d’un cran en Amérique du Sud. En visite jeudi à Georgetown, capitale du Guyana, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a promis un soutien ferme des États-Unis à ce petit pays riche en pétrole face aux revendications territoriales du Venezuela. Et il n’a pas mâché ses mots.

« Si les Vénézuéliens devaient attaquer le Guyana ou ExxonMobil, ce serait une très mauvaise journée – une très mauvaise semaine – pour eux. Cela se terminerait mal », a-t-il averti lors d’une conférence de presse, évoquant la force de la marine américaine.

Mais où se trouve le Guyana ?

Le Guyana (anciennement « Guyane Britannique ») est un petit pays anglophone d’Amérique du Sud frontalier du Venezuela, du Brésil et du Suriname.

Longtemps ignoré sur la scène internationale, il est devenu un acteur stratégique depuis la découverte de vastes réserves pétrolières en 2015. Le pays est désormais en passe de devenir le premier producteur de pétrole par habitant au monde, devant le Qatar et le Koweït.

Pourquoi le Vénézuéla s’intéresse tant au Guyana ?

Au cœur du différend : l’Essequibo, un territoire de 160.000 km² revendiqué par Caracas mais administré par le Guyana. Cette zone, qui représente deux tiers du territoire guyanais, est particulièrement riche en ressources pétrolières. Le géant ExxonMobil, qui y opère, prévoit d’atteindre une production de 1,3 million de barils par jour d’ici à 2030.

En 2023, le Venezuela a organisé un référendum pour revendiquer formellement l’Essequibo et prévoit d’en faire de l’Essequibo un nouvel État vénézuélien, après les élections locales prévues en mai. Le Guyana, lui, s’en remet à la Cour internationale de justice (CIJ), arguant que la frontière actuelle a été entérinée dès 1899. Les autorités guyanaises dénoncent une stratégie d’annexion déguisée.

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« Imbécile, personne ne menace le Venezuela ! »

À Georgetown, le secrétaire d’État américain a signé un mémorandum d’entente sur la coopération en matière de sécurité, afin de renforcer les liens stratégiques entre les deux pays. Rubio a comparé cette relation à celles entretenues par les États-Unis avec certains pays du Golfe. Il a par ailleurs qualifié les revendications vénézuéliennes de « prétentions illégitimes d’un régime de narcotrafic ».

Consulter notre dossier sur le Venezuela

La réaction de Nicolás Maduro ne s’est pas fait attendre. Dans une allocution télévisée, le président vénézuélien a violemment attaqué son interlocuteur. « L’imbécile Marco Rubio menace le Venezuela depuis le Guyana ! Imbécile, personne ne menace le Venezuela ! », a-t-il lancé, l’accusant de faire partie d’« une élite corrompue de Miami qui déteste le Venezuela ». Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino Lopez, a également averti que l’armée « ne tolérera aucune menace étrangère » et se tient prête à réagir « avec fermeté ».