Pourquoi Emmanuel Petit, qui n’a jamais joué à Marseille, a-t-il écrit un polar sur l’OM?

Le footballeur Emmanuel Petit vient d’écrire son premier roman. — L. Benhamou / SIPA

  • Si Emmanuel Petit a choisi l’OM comme théâtre de son premier roman policier, c’est car il le cosigne avec l’auteur marseillais Gilles Del Pappas.
  • Le footballeur reconnaît, toutefois, que le passé sulfureux de l’OM a facilité ce choix.
  • René Malleville, emblématique supporter, s’énerve contre ce choix qui va « encore salir l’OM. »

Il est en procès contre Jean-Pierre Bernès. Il a allumé Bernard Tapie dans son livre précédent, évoquant une « corruption avérée » qui l’aurait privé d’un ou deux titres avec l’AS Monaco. Mais Emmanuel Petit nous assure calmement, ce vendredi, que le livre* qu’il vient d’écrire « n’a rien à voir avec l’affaire Tapie ! » Ce roman policier raconte l’assassinat d’un coach fictif de l’OM, à la Commanderie.

C’est Gilles Del Pappas, le coauteur, qui a insisté pour que l’intrigue se déroule à Marseille : « Je ne connaissais rien à l’enfer vert, au milieu du foot ! Alors je voulais écrire sur ma ville », sourit le spécialiste du polar, né près de la gare Saint-Charles. « Je n’étais pas enthousiaste au départ car je connais bien le côté susceptible des supporters de l’OM », lâche Emmanuel Petit.

« Ça n’aurait pas été crédible à Monaco »

Il s’est rapidement laissé convaincre. « L’OM fait vendre, c’est un argument marketing intéressant », rappelle Vincent, supporter de l’OM, qui avoue « sa très grande surprise » de voir chez son libraire un livre d’Emmanuel Petit sur l’OM. Vincent s’est fait dédicacer l’ouvrage et le lira attentivement, comme Charles, un autre fan marseillais. « C’est sûr que c’est un peu sulfureux, l’OM ! Un assassinat au club, ça va bien à Marseille », glisse ce jeune fan. Trop jeune pour savoir qu’en 1987, un ancien président de l’OM, Jean Carrieu, s’est suicidé à Cassis après avoir été évincé des hautes sphères olympiennes.

« Je n’aurais pas pu mettre cette histoire à Monaco, ça n’aurait pas été crédible, reconnaît Emmanuel Petit. Et puis Marseille incarne une passion et amène un contraste social intéressant, avec les quartiers Nord. » Il n’y a « rien de méchant, rien de préjudiciable », dit l’ancien joueur de Monaco, Arsenal, Barcelone et Chelsea. Mais l’inénarrable René Malleville s’enflamme quand on évoque cette sortie dans les librairies :

Put***… Quelle connerie… Je n’arrive pas à comprendre ! Qu’est-ce qui lui prend ? Qu’est-ce qu’il vient foutre à écrire sur l’OM ? Il n’a jamais joué chez nous, il vient romancer sur les mauvais côtés de l’OM, salir le club… Encore un qui veut faire le buzz – et faire du pognon. Il ne m’aura pas comme lecteur, je ne lui ferai pas gagner un euro ! »

Quand on lui évoque la tirade, Emmanuel Petit fait l’étonné : « Vous êtes persécutés, à Marseille ? » Le consultant pour RMC Sport dit « suivre assidûment » l’OM. « J’ai beaucoup aimé votre saison 2017-18… Beaucoup moins celle-ci », a-t-il assuré à la quarantaine de lecteurs venus le rencontrer, ce vendredi, dans une librairie située à 200 mètres du Vélodrome. Il sourit : « Moi, je ne souhaite que du bonheur aux Marseillais. » Et une victoire en diffamation face à Jean-Pierre Bernès. Mais c’est une autre histoire.

* Dernier Tacle, Emmanuel Petit et Gilles Del Pappas, Seuil (2019).

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Un polar sans prise de risques

Le début de l’intrigue est très cliché et peut rebuter le lecteur. Mais des rebondissements l’attendent et les personnages sont attachants. La commissaire Clémentine Paccini reviendra d’ailleurs dans un deuxième tome, à la poursuite d’un serial killer qui menace l’équipe de France 1998.

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