Pour éviter de surconsommer (et de polluer), deux Toulousains ont lancé un site de location de vêtements

Les Français achètent 60 % de vêtements en plus qu’il y a quinze ans et les conservent moitié moins longtemps selon l’Agence de la transition écologique qui coordonne la Semaine européenne de la réduction des déchets, consacrée cette année au textile. Alors que « la fast fashion » a un impact social et environnemental délétère, des initiatives prennent le contre-pied de cette mode axée sur la surconsommation.

C’est le cas de la start-up toulousaine Menone, créée par deux anciens étudiants de l’école de commerce de la Ville rose. Laurianne Aune et Maxence Lenoir ont décidé de se lancer dans un service de location de vêtements, plutôt haut de gamme, dédié aux hommes. « Une grande partie du temps, certains vêtements restent au fond du placard. Là, c’est un moyen de le mutualiser, de pouvoir porter aussi une pièce de bonne qualité si on n’a pas forcément les moyens de se l’acheter ou si on n’a pas de magasin qui la vend à côté de chez soi. Et cela donne la possibilité de limiter son impact sur l’environnement », expliquent les deux entrepreneurs qui proposent plusieurs solutions à leurs clients.

Laurianne Aune et Maxence Lenoir de la start-up Menone
Laurianne Aune et Maxence Lenoir de la start-up Menone – DR

Ces derniers peuvent louer un blouson, un jean ou encore un pull en alpaga de marques tendance durant un mois pour une somme équivalente à environ 10 % de son prix en boutique. S’ils se lassent de la chemise dernier cri qui ne correspond finalement pas à leur style, ils peuvent la renvoyer au bout de trente jours. Elle sera alors lavée par un pressing respectueux des normes écologiques et à nouveau louée. Une garantie d’hygiène pour les tatillons de la propreté.

Pouvoir se payer un vêtement en plusieurs fois

S’ils estiment par contre qu’elle leur convient, ils peuvent continuer à la louer de mois en mois. Et au bout de sept mois, elle leur appartiendra. Une façon de payer en sept fois un habit qu’on n’aurait pas eu l’envie ou la possibilité de se payer en une seule fois.

Pouvoir tester sans avoir à acheter un vêtement, c’est ce qui a séduit Corentin Fuchs, un des clients de la jeune start-up. « Il y a cinq-six ans, j’achetais à tout-va. J’ai eu une prise de conscience écologique et cela a commencé à m’embêter de mettre 10 euros dans des tee-shirts de mauvaise qualité qui ne duraient pas longtemps. Ce système me permet d’avoir des vêtements de qualité que je n’aurais pas pu me payer en une fois », assure ce Strasbourgeois.

Alors qu’une grande enseigne de textile bon marché vient de se lancer dans la location de vêtements, les cofondateurs de Menone espèrent répondre de leur côté aux besoins de jeunes urbains à la recherche de marques. Pour aller au bout de la démarche environnementale, une fois que les vêtements ne peuvent plus être loués sur leur site car trop portés, ils rentrent dans le circuit de la seconde main.