Pour Bigflo & Oli, « le premier rêve, c’est celui de durer »

Bigflo & Oli lors du concert du 14-Juillet donné à Toulouse, leur ville natale. — J.M. HAEDRICH/SIPA

  • Après une tournée des Zénith lancée il y a un an après la sortie de leur troisième album La vie de rêve, Bigflo & Oli donnent un concert à Paris La Défense Arena ce samedi soir.
  • Pour la première fois, leur concert sera diffusé simultanément sur TMC.
  • Les deux rappeurs toulousains expliquent pourquoi, à 26 et 23 ans, ils ont décidé de faire une pause.

Après une tournée des Zénith, Bigflo & Oli donnent ce samedi soir un concert à Paris La Défense Arena, diffusé simultanément sur TMC. Une nouvelle consécration pour les deux jeunes rappeurs toulousains, qui ont vendu plus d’un million d’albums depuis la sortie il y a quatre ans de leur premier opus.

L’an prochain, à l’issue d’un ultime concert au profit du Secours populaire, ils amorceront une pause. A la veille de faire la plus grande salle d’Europe, Olivio – aka Oli, a répondu aux questions de 20 Minutes.

Vous avez donné des concerts dans tous les Zénith de France. Ce samedi vous jouez dans la plus grande salle d’Europe. Ça ne vous manque pas le côté intime de la petite scène toulousaine de vos débuts ?

Nous y sommes passés et nous savons ce que c’est. Cela aurait été plus frustrant si dès le premier album nous avions fait la tournée des Zénith, mais l’aventure a été progressive. Aujourd’hui, nous sommes contents de pouvoir faire après trois albums la plus grande salle d’Europe. Ce qui nous manque plus c’est de retrouver un certain rythme de vie.

Après votre dernier concert à Toulouse en 2020, vous avez annoncé une pause. Ce rythme effréné, cette vie en collectivité dans votre bus de tournée ne va pas vous manquer ?

Dans un premier temps, on va se reposer, prendre du recul, faire de la musique sans pression et plein de choses qu’on n’a pas le temps de faire. J’ai hâte d’entamer cette pause, de la mettre à profit pour créer.

Ça fait drôle de se dire qu’on va un peu retrouver du temps pour nous, mais je ne l’appréhende pas du tout. On a beaucoup voyagé ces dernières années, mais là j’ai hâte de le faire pour le plaisir.

Vous avez La vie de rêve, comme le titre de votre dernier album. Après avoir joué au Stadium de Toulouse, donné un concert à New York et rencontré vos idoles, il vous reste des rêves ?

On a rencontré des gens qu’on aime, réalisé des rêves de gosse comme dernièrement la création de chaussures. On se trouve toujours une étape supérieure, on se fixe toujours de nouveaux objectifs. Mais le premier rêve, c’est celui de durer, de marquer les gens dans le temps. On aimerait refaire un Stadium un jour, pourquoi pas développer l’écriture et le faire pour d’autres. Et faire un film aussi.

Il est temps pour nous de prendre du recul, de nous éloigner des projecteurs pour revenir plus forts, on ne veut pas devenir une caricature de nous-mêmes. Et puis on a tellement été présents partout, c’est bien aussi de se faire attendre, de ne pas saouler les gens. On a quand même fait six tournées, dont trois de Zénith. Ce n’est pas une question de calcul, c’est surtout pour nous.

Il y a quelques années, vous disiez ne pas être des rappeurs engagés. Mais des titres comme Rentrez chez vous sont des prises de position. Est-ce que vous pourriez vous lancer en politique ?

Le plus simple pour faire passer des messages c’est de poser des questions. Nous ne voulons pas faire les donneurs de leçons, on veut sensibiliser sur certaines questions comme on l’avait fait dans notre précédent album avec le titre Salope sur la prostitution. Dans une chanson, il y a toujours une forme d’engagement. Même si on est marrant comme ça, il y a toujours une touche de conscience.

Vous pourriez vous engager sur les municipales ?

Après, s’engager en politique… Ce n’est pas une réponse pour fuir, mais on se sent déconnecté…. Ma génération a tellement entendu les gens se plaindre. Que ce soit de droite ou de gauche, je n’en sais rien. Je souhaite avant tout le meilleur pour ma ville et qu’il y ait des choses qui soient faites dans le milieu culturel. On pourrait s’investir pourquoi pas dans la création d’une structure pour les jeunes artistes toulousains et donner ainsi la chance qu’on a eue.

Vous êtes des supporters du TFC, que pensez-vous de l’arrivée de Kombouaré ?

Ce que je peux lui dire, c’est bienvenu. On est content du dernier résultat [Ndlr : le TFC a gagné 2-1 contre Bordeaux], on a retrouvé une équipe. Après je ne suis pas assez spécialiste, mais j’ai vu dans ses prises de parole que c’était un meneur. Parfois cela a été difficile pour le club qui mérite mieux, on a une ville qui aime son club.

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