Portugal – France : Les Bleus concèdent le nul contre la Selecção mais finissent premiers du groupe F

De notre envoyé spécial à Budapest,

La théorie des troisièmes matchs pourris prend une bastos dans l’aile. L’équipe de France s’est qualifiée pour les 8es de finale de l’Euro 2021 au terme d’un beau match de football où les Bleus n’ont certes pas toujours brillé, mais ont su assurer le principal face à un Portugal déterminé à ne pas quitter la compétition dont il est tenant du titre (2-2). Les hommes de Didier Deschamps terminent à la première place du groupe F et attendent la Suisse au prochain tour. L’Allemagne, un temps éliminée, reste elle aussi dans le coup.

Renato show

Les Bleus se réjouissaient de l’horaire du match (21 heures) qui, pensaient-ils, leur rendrait la vie plus simple que samedi dernier dans la fournaise de la Puskas Arena. Pas de bol, étant donné qu’il a fait encore plus chaud mercredi en journée, il faisait toujours une bonne trentaine de degrés au coup d’envoi. Et comme tout le monde aime la chaleur sauf les joueurs français, les Portugais sont beaucoup mieux rentrés dans leur affaire à l’image du joueur du Losc Renato Sanches, titularisé pour la première fois de cet Euro par Fernando Santos​. Le milieu lillois a été absolument partout, avec en point d’orgue cette feinte de corps monstrueuse sur Paul Pogba, qui, tout bon danseur qu’il est, se serait bien passé de danser la samba sur ce coup.

Tyson Lloris met Deontay Pereira KO

C’est donc plutôt logiquement que la Seleção a ouvert le score. Car mis à part le face-à-face raté de Kylian Mbappé contre Rui Patricio sur une belle ouverture de Paul Pogba en début de rencontre, les Bleus, sans idées, ont été dépassés dans le jeu et les duels par leur adversaire. Hugo Lloris a bien gagné le sien contre Danilo Pereira sur coup de pied arrêté, mais il s’est trompé de sport. Les coups de coude, c’est dans l’octogone, pas sur un terrain de foot. Penalty, Ronaldo, but, les supporters portugais accompagnent son « siiii », mais ce sont toujours les Hongrois qu’on entend le plus à la Puskas Arena depuis l’ouverture du score de Szalai. Le retour de la bombonera.

Benzema, la machine est lancée

Le chic des grandes équipes est de savoir frapper quand on ne l’attend plus. C’est de ce curieux mélange de réussite et de force tranquille – et du sifflet de M.Lahoz – qu’est venu le penalty obtenu par Kylian Mbappé sur une ouverture, encore une, de Paul Pogba, toujours aussi fort dans le rôle de quarterback. Dans un geste d’altruisme qui le caractérise si bien, Antoine Griezmann laisse Karim Benzema le frapper avec le risque que ça implique. Mais cette fois, l’attaquant du Real Madrid ne tremble pas et répond à son pote CR7 en égalisant. La machine est lancée et KB19 est bien déterminé à le prouver : à peine sorti du vestiaire, il profite d’un mauvais alignement de la défense adverse pour échapper au hors-jeu et part tromper Rui Patricio avec l’aide du poteau. La routourne a tourné.

La gauche française en souffrance

Seul gros point noir de cette belle soirée d’été, le couloir gauche de la défense française a décidé de rendre un vibrant hommage au monde politique en disparaissant avant même qu’on ait le temps de s’en apercevoir. Lucas Digne s’est blessé quelques minutes après avoir remplacé un Lucas Hernandez pas suffisamment remis de ses pépins pour suivre le rythme de l’ancien monégasque Bernardo Silva. Résultat, DD a joué les bricoleurs en faisant rentrer Adrien Rabiot au poste de latéral gauche. Et vous savez quoi ? Il ne s’en est pas trop mal sorti. Cocasse pour un garçon qui boudait à l’idée de jouer en sentinelle du temps où il était à Paris. A droite, c’était pas tout à fait ça pour Jules Koundé. Le défenseur de Séville a connu un baptême difficile à Budapest. Coupable d’une main, il a permis à Cristiano Ronaldo d’égaliser. On pourra toutefois reprocher à M.Lahoz de n’avoir pas voulu siffler un troisième péno en toute fin de match sur une faute sur Coman. Cette fois, Français et Portugais repartent bons amis.