Pompes à insuline : Des médecins et patients inquiets d’un risque d’arrêt de fabrication

Le kit d’insuline d’un patient américain (illustration). — AFP

Des médecins et patients ont alerté mardi sur le risque de rupture momentanée dans la fabrication d’une pompe à insuline vitale pour certains diabétiques de type 1 complexe, dont certains en Charente-Maritime, ont-ils indiqué à l’AFP à La Rochelle.

Alors qu’une réunion à ce sujet vient d’avoir lieu au ministère de la Santé, Eric Renard, président de l’association de médecins Evadiac (EVAluation dans le Diabète du traitement par Implants Actifs) s’est félicité d’une « avancée notable » vers une « solution ».

Mais ce chef du service Endocrinologie-Diabétologie-Nutrition du CHU de Montpellier, qui suit 80 patients touchés sur 250 en France, a regretté des retards à prévoir dans la fourniture de ces pompes : « Pour 10 % des patients, c’est vital, à moins d’être hospitalisé en permanence », a-t-il dit à l’AFP.

Deux sociétés prêtes à reprendre le brevet… en 2023

L’inquiétude des médecins et patients s’est fait jour il y a quelques mois lorsque la société américaine Medtronic, leader mondial dans les technologies médicales selon son site internet, a décidé d’arrêter la fabrication de ses pompes en 2020. Ces dernières, implantées dans l’abdomen, permettent de mener une vie normale à des patients pour qui, selon eux, « il n’existe pas d’autre traitement ». Un collectif s’est monté pour demander la poursuite de la production.

La semaine dernière, Medtronic a « renouvelé son engagement de fournir 50 pompes d’ici juillet 2020 » et « mettre tout en œuvre pour résoudre les tensions d’approvisionnement », selon un porte-parole du ministère de la Santé à l’AFP. Mais selon le Pr Renard, deux sociétés prêtes à reprendre le brevet de Medtronic « disent pouvoir être prêtes en 2023… Il n’y a pas de solution avant 2023 », a-t-il regretté.

Alexandra Rousseau, 48 ans, de Sainte-Soulle (Cahrente-Maritime), fondatrice du collectif des diabétiques implantés, a lancé un cri d’alarme auprès de la presse, estimant que Medtronic ne « respectait pas ses engagements » de fourniture des pompes. Le brevet a été cédé mais, a-t-elle répété, la fabrication ne pourra commencer qu’en 2023 alors qu’« on a une urgence ».

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