Police : Les syndicats demandent à Emmanuel Macron des mesures pour protéger les agents

Les policiers s’étaient déjà rassemblés lundi devant les commissariats après l’attaque au mortier de celui de Champigny-sur-Marne — MARTIN BUREAU / AFP

  • Un policier de 40 ans a été grièvement blessé dans la nuit de mardi à mercredi après avoir été renversé par une voiture.
  • Les faits surviennent dans un contexte de malaise policier après l’attaque aux mortiers d’artifice du commissariat de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) le week-end dernier et l’agression par balles de deux policiers à Herblay (Val-d’Oise) la semaine dernière.
  • Les organisations syndicales doivent rencontrer le président de la République ce jeudi matin. Elles exigent d’Emmanuel Macron qu’il prenne des mesures pour protéger les agents.

La série de violences visant les forces de l’ordre se poursuit. Quelques jours après l’attaque aux mortiers d’artifice du commissariat de Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) et l’agression par balles de deux policiers à Herblay (Val-d’Oise), un brigadier, âgé de 40 ans a été renversé par le conducteur d’une voiture lors d’un contrôle dans la nuit de mardi à mercredi à Savigny-sur-Orge (Essonne). Souffrant d’une fracture à la jambe et d’un traumatisme crânien, il a été hospitalisé dans un état grave. Son pronostic vital était, ce mercredi, toujours engagé. Les syndicats, qui doivent rencontrer le président de la République ce jeudi, attendent de ce dernier qu’il prenne des mesures pour protéger les policiers.

Selon les premiers éléments de l’enquête, il était environ 1h30 du matin quand des agents de la Brigade anticriminalité (BAC) se sont arrêtés dans un secteur régulièrement victime de cambriolages pour contrôler une Peugeot signalée volée. Le conducteur a alors redémarré et renversé ce fonctionnaire très expérimenté. Le parquet d’Evry a ouvert une enquête pour « tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Le conducteur, qui a pris la fuite, a été identifié par les policiers. Il s’agit d’un homme né en 1981 qui est défavorablement connu des services de police.

« On ne va pas se laisser tirer comme des pigeons ! »

Alors que les forces de l’ordre sont régulièrement prises à partie par des délinquants, les syndicats de policiers ont l’intention de demander à Emmanuel Macron, ce jeudi matin, des mesures pour assurer leur protection. « Il y a 18 agressions de policiers chaque jour. On ne va pas se laisser tirer comme des pigeons, on ne va pas laisser nos collègues seuls face à cette situation, ce n’est pas possible », explique Frédéric Lagache, délégué général du syndicat Alliance. « On doit sanctuariser les forces de l’ordre comme des symboles intouchables. Après ils se débrouillent ! Si cela passe par des mesures comme des peines planchers ou s’il faut revoir la Constitution, ils se démerdent ! Ils ont assez de gens pour penser et trouver des moyens, poursuit le syndicaliste. Dans le cas contraire, la situation peut se tendre. »

Une fois n’est pas coutume, les organisations syndicales dénoncent une justice qui serait trop clémente envers les délinquants qui s’en prennent aux forces de l’ordre. « Pourquoi n’ont-ils pas peur ? Parce qu’ils savent très bien qu’au pire, ils auront un bracelet électronique durant six mois et ils resteront chez eux à jouer à la console », dénonce Grégory Joron, secrétaire général délégué du syndicat Unité SGP Police-FO. Lui estime que le gouvernement manque de cohérence sur cette question. « D’un côté on nous dit que la République ne doit pas baisser la tête, de l’autre il y a une circulaire du garde des Sceaux qui demande de privilégier les peines alternatives plutôt que d’envoyer des gens en prison. Il y a des injonctions qui sont incohérentes. »

Faits divers

Bordeaux : Une patrouille de police visée par des tirs de mortiers d’artifice

Société

Gérald Darmanin annonce une série de mesures pour améliorer le « quotidien » des policiers

1 partage