PMA pour toutes : L’Académie de médecine exprime des « réserves »

Attendue dès 2018, la PMA pour toutes ne devrait intervenir avant 2020. — LIONEL BONAVENTURE / AFP

L’Académie nationale de médecine estime que « la conception délibérée d’un enfant privé de père » n’est « pas sans risques » pour son « développement psychologique » et son « épanouissement », dans un avis officiel sur l’ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires.

« La conception délibérée d’un enfant privé de père constitue une rupture anthropologique majeure qui n’est pas sans risques pour le développement psychologique et l’épanouissement de l’enfant », juge-t-elle.

Un texte adopté en séance par l’Académie

Dans ce rapport rendu public samedi, l’Académie affirme que son objet n’est pas de « donner un avis » sur une « mesure sociétale », mais « estime de son devoir de soulever un certain nombre de réserves liées à de possibles conséquences médicales ».

Cet avis sur la loi de bioéthique, dont l’ouverture de la PMA est la mesure la plus symbolique, a été adopté en séance par l’Académie mardi 17 septembre, par 69 voix pour, 11 contre et 5 abstentions. Son rapporteur est l’ancien ministre de la Santé Jean-François Mattei.

Des évaluations remises en questions

L’Académie « reconnaît la légitimité du désir de maternité chez toute femme quelle que soit sa situation », mais juge qu’« il faut aussi au titre de la même égalité des droits tenir compte du droit de tout enfant à avoir un père et une mère dans la mesure du possible ».

« L’argument régulièrement avancé pour rejeter le risque pour l’enfant se fonde sur certaines évaluations, essentiellement dans quelques pays anglo-saxons et européens, faisant état de l’absence d’impact avéré sur le devenir de l’enfant », poursuit l’Académie.

La figure du père « malmenée par les évolutions sociétales »

Mais elle « ne juge pas très convaincantes ces données au plan méthodologique, en nombre de cas et en durée d’observation sur des enfants n’ayant pas toujours atteint l’âge des questions existentielles ».

L’Académie « estime que, de plus en plus malmenée par les évolutions sociétales, la figure du père reste pourtant fondatrice pour la personnalité de l’enfant comme le rappellent des pédopsychiatres, pédiatres et psychologues ».

Le projet de loi de bioéthique sera débattu à partir de mardi à l’Assemblée, promettant des débats intenses sur l’extension de la PMA à toutes les femmes. Selon ses statuts, l’Académie nationale de médecine peut être saisie d’une demande d’avis par le gouvernement et peut aussi s’autosaisir sur toute question concernant les domaines de la santé et de l’éthique médicale.

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