Plus gros plongeon de l’année à Wall Street, affolée par l’inflation

C’est la pire journée sur les marchés américains depuis juin 2020. La Bourse de New York a terminé en forte baisse mardi, sur un marché catastrophé par un indicateur d’inflation américain plus élevé que prévu, qui a douché l’optimisme des derniers jours et laisse présager d’une hausse des taux encore plus brutale que prévu. Le Dow Jones a chuté de 3,94 %, l’indice Nasdaq, de 5,16 %, et l’indice élargi S & P 500 de 4,32 %. « C’était une journée de dingue », a commenté Greg Bassuk, d’AXS Investments.

Les indices ont été précipités dans le rouge par la publication de l’indice de prix CPI qui a révélé une légère hausse de 0,1 % des prix en août, contre une baisse de 0,1 % attendue par les économistes. Sur un an, l’inflation ralentit à 8,3 %, mais moins que les 8,0 % anticipés par le marché.

Pour Edward Moya, d’Oanda, les investisseurs craignent « d’avoir été trop optimistes en prévoyant la fin du cycle de resserrement monétaire de la Fed » (banque centrale américaine). « Le marché voit l’inflation aller dans le mauvais sens, ce qui forcerait la Fed à maintenir sa posture offensive, voire même à aller encore plus loin », a observé Quincy Krosby, de LPL Financial.

Possible hausse d’un point des taux

Les opérateurs vont désormais jusqu’à attribuer une probabilité de 34 % à une hausse d’un point de pourcentage du taux directeur de la Fed lors de sa prochaine réunion, les 20 et 21 septembre, et non plus de 0,75 point, une hypothèse que nul n’envisageait jusqu’à aujourd’hui. « Le marché s’inquiète à l’idée que la Fed ne nous entraîne dans une récession ou ne grippe le système en le privant de liquidité », a relevé Quincy Krosby.

En outre, les opérateurs ont vu dans le rapport de mardi des signes que l’inflation était ancrée dans l’économie américaine, notamment les prix de l’alimentation. « Le problème c’est de savoir à quel point ces prix élevés vont peser sur l’économie réelle et les consommateurs », a estimé Greg Bassuk, au point d’écraser la demande, qui sera aussi pénalisée par le durcissement des conditions de crédit et de financement.

Plongeon des valeurs technologiques

La perspective d’un marché du crédit plus onéreux a torpillé les valeurs technologiques, qui doivent le plus souvent emprunter pour financer leur croissance. Les géants du Nasdaq ont tous souffert, en particulier Apple (-5,87 %), Amazon (-7,06 %), Alphabet (-5,86 %) ou Meta (-9,37 %), descendu mardi à son plus bas niveau depuis les premiers jours de la pandémie de coronavirus, en mars 2020.

Tous les membres du Dow Jones ont fini en baisse, aucun secteur ne parvenant à surnager. Parmi les quelques rares à s’en sortir, Twitter (+0,80 % à 41,74 dollars), salué après le vote favorable, en assemblée générale extraordinaire, des actionaires en faveur du rachat par Elon Musk, que l’entrepreneur a depuis dénoncé.