Plus d’un million d’avis sur comment bien vivre à Paris

Emmanuel Grégoire, premier adjoint parisien, espérait « 100.000 contributeurs uniques » pour la consultation lancée par la mairie de Paris sur « Comment bien vivre à Paris demain ? ». A une dizaine de jours du terme de celle-ci, la barre est déjà franchie, selon les données d’Axel Dauchez, président de Make.org organisateur de la consultation. « En à peine un mois, on a près de 1,4 million de votes sur les propositions des « Dialogues citoyens », c’est du jamais vu », se félicite-t-il. « C’est un pari réussi qui montre la volonté des Parisiens de se saisir de la chose publique », abonde Anouch Toranian, adjointe en charge de participation citoyenne.

Selon Axel Dauchez, le succès de cette consultation tient au fait qu’elle a été réalisée « à hauteur des citoyens » et pas uniquement en direction des engagés et militants. « Il y a une seule question ouverte et cette facilité de consultation la rend accessible à tous », estime Axel Dauchez.

« Plusieurs trolls et bots neutralisés »

L’objectif des « Dialogues Citoyens » est de trouver les « 10-15 idées sur lesquelles les Parisiens se retrouvent », explique-t-il. « Tout est tendu pour aller chercher les consensus. » Et dans cette optique, Make.org s’est doté d’outils pour détecter des mouvements d’influence émanant soit de collectifs, d’associations ou de trolls qui pourraient fausser la consultation. « Plusieurs trolls et bots ont été identifiés et neutralisés », assure le président de la plateforme.

Ce qui n’a pas empêché plus de 8.500 propositions d’être formulées. « Tous les sujets émergent. Cela peut aller de demandes très concrètes sur comment installer un compost dans son immeuble à des questionnements sur la philosophie générale de la ville dans 20-30 ans », détaille Anouch Toranian. A l’issue de la consultation qui s’achève le 20 novembre, les propositions seront étudiées et répertoriées par les services de la mairie puis une grande conférence de rendu se tiendra en janvier 2023.

« L’idée est de créer de la décision publique à partir de là », expose Anouch Toranian qui souhaite que l’Assemblée citoyenne installée il y a un an s’empare des propositions phares, quitte à ce qu’elles soient votées, presque telles quelles, en Conseil de Paris. Néanmoins, les propositions opposées à la politique générale de la majorité ne seront pas retenues, l’adjointe citant en exemple quelqu’un qui souhaiterait rendre aux voitures les quais de Seine. Mais Anouch Toranian assure qu’elle a « confiance en la créativité des Parisiens, qui s’est notamment exprimée à travers le budget participatif. »