Plus de 3.000 agressions sexuelles signalées à Uber aux Etats-Unis en 2018

L’appli Uber sur un smartphone (illustration). — Kirsty Wigglesworth/AP/SIPA

Les chiffres sont vertigineux. Plus de 3.000 agressions sexuelles, dont 235 viols, ont été signalées à Uber aux Etats-Unis en 2018, selon le premier rapport sur la sécurité dévoilé par l’entreprise ce jeudi (pdf ici). Ces statistiques sont à mettre en perspective avec le nombre de courses (1,3 milliards) et peuvent difficilement être comparées face à l’absence de chiffres similaires chez les taxis et les autres sociétés de VTC. Mais ce rapport va un peu plus mettre la pression sur Uber, accusé –malgré ses efforts récents– d’avoir fait preuve de laxisme sur la sécurité, et déjà visé –comme son concurrent Lyft– par de multiples poursuites.

Au total, près de 6.000 agressions sexuelles ont été signalées à Uber sur le territoire américain en 2017-2018. L’entreprise les classe en cinq catégories allant de l’attouchement (près de 50% des cas) jusqu’au viol. Les victimes sont à une immense majorité des femmes (89% pour les viols), le plus souvent des passagères mais également des conductrices. Uber n’a pas fourni de chiffres sur le harcèlement sexuel.

107 accidents mortels et 19 agressions mortelles

Le rapport fait également le bilan des accidents et des agressions. 107 personnes sont décédées dans des accidents impliquant un véhicule Uber en deux ans. Pour les homicides, 19 personnes ont été tuées lors d’agressions liées à des voyages sur Uber: 8 passagers, 7 chauffeurs et 4 personnes extérieures.

Au total, des incidents «ont été signalés sur 0,00002% des courses», déclare Uber, soulignant que 99,99% des trajets se déroulent sans incident. C’est la première fois qu’Uber publie un tel rapport, alors que l’entreprise et sa principale rivale américaine, Lyft, subissent une pression croissante face à la multiplication des plaintes d’utilisatrices victimes d’agressions. Mercredi, 20 femmes ont porté plainte à San Francisco contre Lyft pour des agressions sexuelles ou des viols qui se sont produits dans les véhicules de chauffeurs affiliés à la société californienne. Elles s’ajoutent à 14 plaintes similaires déposées en septembre.

L’immense défi de la sécurité

Les chiffres précis du nombres de procès intentés ne sont pas connus, mais les actions en justice ont conduit les deux entreprises à mettre en place différentes mesures pour mieux assurer la sécurité des passagers. Uber et Lyft ont notamment rendu plus difficile l’usurpation d’identité par des conducteurs, renforcé les contrôles pour détecter des criminels et ajouté un bouton permettant de signaler un problème pendant le trajet.

Des fonctionnalités que les avocats des victimes considèrent comme essentiellement inefficaces. Ils prônent l’enregistrement systématique des courses pour que les chauffeurs se sentent surveillés, une meilleure coopération avec les autorités en cas d’incident et de meilleures vérifications du passé des conducteurs.

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