Plus de 2.200 personnes marchent contre le harcèlement scolaire pour Camélia, 17 ans.
L’oncle de Camélia a déclaré dimanche à Mitry-Mory, en Seine-et-Marne, que « les mots des enfants étouffés par le silence des adultes finissent par tuer ». Deux enquêtes judiciaires ont été ouvertes le lendemain du suicide de Camélia, dont l’une pour « harcèlement scolaire ayant conduit la victime à se suicider ».
« Parlez » du harcèlement scolaire, « les mots des enfants étouffés par le silence des adultes finissent par tuer », a supplié dimanche à Mitry-Mory, en Seine-et-Marne, l’oncle de Camélia, qui s’est suicidée le 13 janvier à l’âge de 17 ans, lors d’une marche en sa mémoire rassemblant plus de 2.000 personnes.
Salim Ayachi s’est exprimé devant le lycée Honoré-de-Balzac de Mitry-Mory, où était scolarisée sa nièce, devant une foule compacte – 2.200 personnes selon la police – composée de familles et de nombreux élèves de cet établissement ainsi que d’autres de la région.
Il a ensuite pris dans ses bras la mère de Camélia, qui tenait un portrait de sa fille unique, et a simplement prononcé quelques remerciements, avant que des ballons blancs ne soient lancés vers le ciel. Sur la banderole qui ouvrait la marche blanche partie de la gare de Mitry-Claye, on pouvait lire « Ensemble contre le harcèlement scolaire », tandis qu’une autre banderole de la FCPE 77 affichait « Un mot peut blesser, un mot peut sauver ».
L’élève de terminale, qui devait fêter ses 18 ans vendredi, s’est donnée la mort le 13 janvier dans une gare de la ville en se couchant sur des rails de RER B, où elle a été percutée par un train. Le lendemain, deux enquêtes judiciaires ont été ouvertes, dont l’une pour « harcèlement scolaire ayant conduit la victime à se suicider », ainsi qu’une enquête administrative ordonnée.
« Ce week-end Camélia aurait eu 18 ans »
« Je lance un appel au calme mais certainement pas un appel au silence, car face au harcèlement, se taire, c’est laisser mourir », a déclaré à la foule Salim Ayachi, rapportant que Camélia avait subi quotidiennement des insultes, des brimades et des humiliations, tant dans sa classe qu’en dehors. Il a assuré que la mère de Camélia avait « appelé à l’aide » et « reçu en retour le silence », en insistant sur le fait que « minimiser » le harcèlement, « ou ajouter un »mais », c’est déjà y participer ».
« Ce week-end Camélia aurait eu 18 ans, elle avait préparé sa fête, la liste des invités, des cadeaux […] C’est elle qui nous offre un cadeau, un cadeau à toutes les victimes de harcèlement scolaire, c’est un espace d’écoute », a-t-il encore ajouté. « Lycéens, vous nous avez dit que vous vouliez être entendus. C’est le moment. Parlez, racontez, dénoncez […] Parents, parlez à vos enfants […] Établissements scolaires, soyez transparents. Quand des faits sont signalés, prenez vos responsabilités », a-t-il encore déclaré.
Dans un communiqué publié mardi, le procureur de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, avait appelé « solennellement à la plus grande prudence dans l’expression publique et la mise en cause médiatique de personnes, notamment le proviseur » du lycée, qui est actuellement en retrait de l’établissement.

