Plus de 100.000 emplois créés dans le privé au 2e trimestre, avec un boom dans l’hôtellerie-restauration

Les DRH n’ont pas chômé au deuxième trimestre. Le secteur privé a enregistré 102.500 créations nettes d’emplois entre fin mars et fin juin 2022, selon l’estimation provisoire de l’Insee publiée vendredi. C’est mieux que la petite hausse du premier trimestre 2022, avec 69.500 emplois en plus.

Un chiffre qui étonne et interroge les experts, compte tenu d’un contexte économique délicat. « On s’attendait plutôt à un léger ralentissement », déclare Sylvain Larrieu, chef de la division Synthèses et conjonctures du marché du travail de l’Insee. « Comment on crée autant d’emplois avec aussi peu de croissance ? », s’interroge pour sa part Mathieu Plane, économiste à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). Il y voit une « déconnexion entre l’environnement macro-économique et le dynamisme du marché du travail ».

Boom des emplois dans l’hôtellerie-restauration

L’emploi privé dépasse son niveau d’avant-crise, fin 2019, avec 754.200 emplois en plus (+3,8 %). Un facteur expliquant cela malgré la flambée des coûts de l’énergie, l’augmentation des taux d’emprunt et la pénurie de certaines matières premières ? Sylvain Larrieu cite le retour en masse des touristes étrangers en France lors des vacances scolaires. « L’emploi dans l’hôtellerie-restauration explique une bonne partie de la hausse ».

Le tertiaire marchand affiche ainsi une hausse de 0,8 % du nombre d’emplois supplémentaires (+97.300 emplois), après une hausse de 77.300 emplois au premier trimestre (+0,6 %). « Ce dynamisme explique l’essentiel de la hausse totale de l’emploi salarié privé », note l’Insee.

Deux scénarios envisageables

Autre raison avancée par Mathieu Plane, « les entreprises font de la rétention d’emplois grâce aux aides à l’embauche, et cherchent à récupérer des gains ailleurs ». Deux options se dessinent pour la suite : « une forte croissance, accompagnée d’un retour des gains en productivité, ou une croissance qui reste molle et s’accompagnera d’une destruction d’emplois », selon Mathieu Plane.

Dans le détail, l’intérim, boussole de l’emploi, poursuit sa baisse amorcée au premier trimestre 2022. Alors qu’il connaissait une forte hausse au sortir du confinement du printemps 2020, il recule de 2,1 % au deuxième trimestre 2022 (-17.400). « Les intérimaires ont été très utilisés fin 2021 pour remplacer les salariés absents », relève Sylvain Larrieu.

Hors intérim, tous les autres secteurs se stabilisent. L’emploi industriel augmente légèrement avec la création de 3.100 emplois (+0,1 %). Le secteur de la construction est stable, avec un niveau de l’emploi salarié privé identique au début de l’année 2022. Enfin, l’emploi salarié privé dans le tertiaire non marchand augmente plus nettement, de 0,7 % (+19.500 emplois).