Plan social à General Electric: «La parole du directeur général de GE Belfort ne vaut absolument rien», estime un responsable syndical

Un bâtiment de General Electric à Belfort. — JC Tardivon/SIPA

  • General Electric a annoncé mardi dernier qu’il voulait supprimer plus de 1.000 postes en France, dont la majorité à Belfort (Bourgogne Franche-Comté).
  • Les responsables de l’entreprise comme le gouvernement assurent néanmoins que le site belfortain a un avenir.
  • Bruno Le Maire est attendu sur place ce lundi.

Après une semaine éprouvante marquée par l’annonce de 1.000 suppressions de postes, les salariés de General Electric (GE) à Belfort vont-ils pouvoir souffler ? Ce dimanche, le directeur général de GE France a pris la parole dans le JDD pour tenter de faire retomber la tension. Hugh Bailey assure que «  Belfort ne fermera pas » et qu’il « restera le premier site industriel de GE Power [la branche énergie du groupe] en Europe ».

De son côté, le gouvernement affiche également sa détermination. Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire est attendu à Belfort ce lundi pour échanger avec les représentants des salariés. Pour Philippe Petitcolin, délégué CFE-CGC de GE Belfort, l’exécutif doit « choisir son camp » et écouter les syndicats.

Êtes-vous rassuré par les déclarations de Hugh Bailey ce dimanche dans le JDD sur l’avenir du site ?

Mr Bailey, on ne l’a vu qu’une seule fois. Le 6 mai, en présence de tous les autres syndicats, il nous a dit droit dans les yeux qu’aucune délocalisation d’activité n’était envisagée. C’est un menteur, c’est quelqu’un qu’on ne peut pas respecter. La parole de ce monsieur ne vaut absolument rien. Il ne décide pas, il n’a aucun pouvoir. C’est avec les patrons américains que ça va se jouer. Hugh Bailey est juste là pour enfumer le gouvernement et les médias.

Hugh Bailey évoque aussi la possibilité pour Belfort de se diversifier, notamment dans « la fabrication de pièces aéronautiques », ce que les syndicats réclament depuis longtemps. Êtes-vous satisfait de voir votre analyse validée par la direction ?

La direction ne peut pas dire qu’elle veut diversifier tout en lançant un plan de licenciement. Cela n’est pas possible. Si on licencie, on va perdre un savoir-faire essentiel pour pouvoir lancer une nouvelle activité. En réalité, GE n’a jamais eu l’intention de se diversifier, ce n’est pas du tout dans la mentalité américaine. Cela fait un an qu’on discute de ce projet, mais ils n’ont jamais avancé sur la question.

Qu’attendez-vous de Bruno Le Maire qui vous rencontre ce lundi ?

Qu’il nous défende. Il faut qu’il choisisse son camp. Pour l’instant il ne connaît pas le dossier, il n’écoute que la direction de GE. On va donc demander à pouvoir participer aux négociations en tant qu’experts, ce qui nous permettra d’exposer nos arguments. Aujourd’hui, Bercy n’a aucune idée de la réalité du marché des turbines à gaz et répète tout ce que l’entreprise lui dit.

Pensez-vous que les pouvoirs publics ont des moyens de pression sur General Electric ?

Bien sûr. GE est très dépendant des commandes d’entreprises comme Airbus ou EDF, dans lesquelles l’État est présent. L’administration pourrait aussi s’intéresser à l’optimisation fiscale pratiquée par GE. Aujourd’hui, les bénéfices des filiales françaises partent en Suisse. Résultat, elles se retrouvent en déficit, ce qui permet de justifier un plan social. De toute façon, sans le gouvernement, ça va être compliqué de faire quoi que ce soit.

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