Pérou : Des milliers de manifestants défient le pouvoir à Lima, malgré l’état d’urgence

Plusieurs milliers de contestataires, un endroit pour faire entendre leurs voix : Lima. « Nous allons dans la capitale pour faire entendre notre voix de protestation », a indiqué Jimmy Mamani, un chef indigène Aymara de la région de Puno.

Le maire du village de San Isidro veut croire que cette marche sera de l’acabit des manifestations de juillet 2000 contre l’ancien autocrate Alberto Fujimori. Depuis lundi, des centaines de paysans comme lui avalent les 1.350 kilomètres qui les séparent la capitale pour organiser une manifestation « pacifique ».

Dans la nuit, des dizaines de protestataires ont marché vers la place San Martin, l’épicentre historique des mouvements sociaux à Lima. Depuis le début des manifestations il y a cinq semaines, au moins 42 personnes sont mortes dans des affrontements entre les protestataires et la police, selon le bureau de l’Ombudsman péruvien.

Situation bouillante depuis la destitution de Pedro Castillo

Au cœur des revendications : la démission de Dina Boluarte, qui a remplacé l’ex-président destitué Pedro Castillo, la tenue immédiate d’élections et la convocation d’une Assemblée constituante. Beaucoup, comme Jimmy Mamani, jugent que le gouvernement « fait la sourde oreille », après avoir vu toutes ces requêtes rejetées.

La situation ne s’apaise toujours pas depuis la destitution le 7 décembre de Pedro Castillo, que le Parlement accuse de tentative de coup d’Etat. L’ancien président avait notamment essayé de dissoudre le Congrès et de gouverner par décret. Des faits qualifiés de rébellion pour lesquels il est toujours détenu.

Dans le sud du pays, où Pedro Castillo compte de nombreux sympathisants, quelque 200 habitants d’Andahuaylas ont été bloqués par la police, sur leur chemin vers la capitale.