« Pékin Express » : « Tous ceux qui perdent en finale l’ont en travers de la gorge », affirme Stéphane Rotenberg

Stéphane Rotenberg en Chine, lors du tournage de Pékin Express. — Patrick ROBERT/M6

  • Ce mardi à 21h05, M6 diffuse la finale de « Pékin Express, sur la route mythique ». Les deux binômes finalistes sont Pauline et Aurélie ainsi que Julie et Denis.
  • « D’entrée de jeu, cela sera particulier », prévient l’animateur Stéphane Rotenberg. Ces binômes ont en effet terminé tous deux en deuxième position de leurs premières participations respectives au jeu d’aventure.
  • Stéphane Rotenberg revient aussi pour « 20 Minutes » sur les conséquences de la pandémie de coronavirus Covid-19 sur le tournage de la prochaine saison.

La fête est bientôt finie. L’édition anniversaire de Pékin Express, « sur la route mythique » s’achève ce mardi soir, à 21h05 sur M6 avec une finale opposant les deux derniers binômes encore en course. D’un côté, Pauline et Aurélie, les frangines lilloises, et de l’autre, Julie et Denis, le couple corse. Particularité de ces deux duos qui s’affronteront pour tenter de gagner une somme pouvant atteindre 100.000 euros : ils ont fini à la deuxième place du jeu lors de leurs premières participations respectives (en saison 3 pour les unes, en saison 9 pour les autres)… « Il y a un énorme enjeu », résume Stéphane Rotenberg que 20 Minutes a joint par téléphone ce lundi. L’animateur, confiné chez lui, a aussi évoqué le tournage suspendu de la prochaine saison…

Le tournage de la prochaine saison de « Pékin Express » a été suspendu en raison de la pandémie de coronavirus. Avez-vous envisagé de tout reprendre à zéro lorsqu’il sera possible de tourner à nouveau ?

On est allé en Ouganda, puis en Ethiopie et on a dû rentrer. On ne va pas jeter. L’incidence économique est déjà énorme. Ce serait dommage pour les candidats qui sont partis et puis on a tourné des épisodes qui sont très bons. Je pense qu’on gardera les épisodes tournés mais la route annoncée au départ ne sera peut-être pas celle que l’on va faire à l’arrivée, et encore, peut-être qu’on va réussir à la faire. Le téléspectateur pourra comprendre que le trajet présenté lors du premier épisode ne soit pas celui qui a été utilisé in fine. Cela n’est pas très gênant.

Il se pourrait donc que la route prévue soit considérablement modifiée ?

On va essayer de repartir sur la même route. Mais ça dépend des délais. On était en Afrique, qui est en décalage par rapport à nous au niveau de la pandémie. Lorsque l’Europe pourra repartir, ce ne sera peut-être pas le cas encore de l’Afrique. Donc va-t-on attendre que la situation se stabilise partout dans le monde ? Ou est-ce qu’on va aller sur un autre continent ? On n’en est pas encore en train de se poser ces questions, parce que de toute façon nous sommes confinés ; mais il faudra se les poser en temps et en heure.

Il y a deux semaines, « Pékin Express » a été déprogrammé pour rendre hommage à Albert Uderzo qui était décédé quelques heures plus tôt. Cela a mis de nombreux téléspectateurs en rogne, qui l’ont fait savoir sur les réseaux sociaux…

Cela a beaucoup surpris la chaîne. Aujourd’hui, il y a une culture des plateformes où on a tous les programmes d’un coup, on les regarde quand on veut. La télévision fonctionne sur un autre levier avec des diffusions à une date et une heure précises. C’est assez désuet, je dirais. [En période de confinement], les chaînes refont des scores d’audience d’une autre époque. Les Français regardent la télévision presque une heure et demi de plus par jour que d’habitude, cela fait des chiffres colossaux, historiques. Les réactions sur les réseaux sociaux sont alors l’équivalent des courriers qu’on recevait il y a vingt ans : les gens, quand ils n’ont pas leurs programmes, râlent. Il y a encore quelques semaines, ils auraient juste zappé sur autre chose. Là, il y a eu une attente. Il était cependant impossible de ne pas rendre hommage à Uderzo, d’autant plus pour M6 qui a produit les derniers longs-métrages animés Astérix. Il était un artiste considérable. D’ailleurs, cela a été un succès d’audience [Astérix, le domaine des dieux a permis à la chaîne de devancer toutes ses concurrentes en rassemblant 3,8 millions de personnes]. Il n’y a donc pas de débat. Mais c’est vrai qu’il y a eu des réactions étonnantes. On m’a même envoyé des vidéos d’enfants qui pleuraient presque.

C’est peut-être une émission réconfortante en période de confinement…

Il y a un attachement d’une partie du public. Beaucoup de téléspectateurs regardent l’émission en s’imaginant la faire. Le programme fonctionne sur deux rythmes : la course et la découverte de l’autre. La partie compétition est très prime time et la partie dîner chez l’habitant, c’est presque du France 5 je dirais. Normalement, un programme ne fonctionne que sur un seul levier. Pékin Express est une exception. Les plus jeunes adorent la partie jeu et les adultes se focalisent souvent sur autre chose : les liens dans les binômes, la curiosité de voir comment vivent les gens… Alors qu’on est dans l’ère du multi-écrans – les mômes sont avec leurs téléphones dans leurs chambres et les parents regardent autre chose – on arrive à rassembler plusieurs publics. C’est rare et c’est assez génial.

Ce mardi, la finale de l’édition anniversaire opposera deux binômes qui ont chacun perdu en finale de leurs saisons respectives…

D’entrée de jeu, cela sera particulier, on sait qu’il y a un énorme enjeu pour chacun des candidats. Il y a un binôme qui va conjurer le sort et un autre qui va revivre la même mésaventure. C’est vrai que c’est génial d’être finaliste, mais généralement on vit très mal le fait de perdre la finale. Les participants philosophent en disant avoir vécu une histoire fabuleuse, que c’est génial d’être arrivé jusque-là… mais au fond ils l’avouent tous : la défaite, ils l’ont en travers de la gorge.

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