Pauvreté : En 2021, 48 % des ménages accueillis par le Secours catholique n’avaient pas les moyens de se nourrir

Les chiffres donnent le vertige. Le Secours catholique a accueilli 938.000 personnes en France en 2021, qui ont pu bénéficier de différents services, comme une aide alimentaire ou un accompagnement social. Parmi elles, 48 % des ménages qui ont sollicité une aide disposent d’un budget insuffisant pour se nourrir au quotidien, alerte l’association dans son rapport annuel sur la pauvreté, publié jeudi.

« Ces personnes ne vivent pas, elles survivent, elles sont en permanence en train de calculer », commente Véronique Devise, présidente du Secours catholique. Le revenu médian des personnes aidées par le Secours catholique s’est établi à 548 euros par mois en 2021. Loyer, factures d’électricité, assurances : les dépenses pré-engagées absorbent en moyenne près de 60 % du revenu de ces ménages en situation de précarité, souligne l’association.

Craintes autour de la hausse des tarifs de l’énergie pour 2023

Si l’on tient compte d’autres dépenses « quasi incompressibles » comme le remboursement de dettes ou les frais de transport, 48 % des ménages accueillis par le Secours catholique disposent d’un reste à vivre de moins de cinq euros par jour et par personne, soit 0,5 à un euro de moins par rapport à la période d’avant la crise sanitaire. « Avec cela, il faut acheter à manger, des produits d’hygiène, s’habiller », décrit dans son rapport le Secours catholique, qui estime la dépense minimale alimentaire à sept euros par jour et par personne.

« Cette situation n’est pas acceptable, le gouvernement doit absolument se saisir de cette question des 10 % les plus pauvres de la société », estime Véronique Devise. Le Secours catholique, qui demande une revalorisation du RSA, s’inquiète en outre des effets de l’inflation sur la vie de ces ménages, déjà confrontés à des « choix impossibles », comme privilégier le règlement des factures ou bien effectuer des courses alimentaires.

« Ces familles font déjà énormément pour réduire leur consommation d’électricité et de gaz, comment vont-elles faire » face à la hausse des tarifs de 15 % prévue l’an prochain, interroge la présidente de l’association. Les mères isolées représentent un quart des ménages rencontrés, une part trois fois plus importante que dans la population générale, souligne l’association. De nombreux hommes seuls, souvent au chômage ou inactifs, se sont aussi rendus à l’association : ils représentent 22,4 % des ménages rencontrés.