Pau : Pour avoir secoué un bébé, une assistante maternelle condamnée à six ans de prison

La cour criminelle de Pau a reconnu coupable une assistante maternelle de quarante ans jugée pour des violences volontaires ayant entraîné une infirmité permanente sur un bébé dont elle avait la charge, chez elle à Lescar, dans la banlieue de Pau. Elle a été condamnée ce mardi à six ans d’emprisonnement pour avoir secoué en 2014 un nourrisson de 5 mois, resté lourdement handicapé depuis.

Interdiction définitive d’exercer son activité

Selon la presse locale, l’enfant lui était confié depuis moins d’un mois lorsqu’il avait été hospitalisé en urgence, le 26 septembre 2014. Des experts avaient conclu à un « syndrome du bébé secoué ». La petite fille, aujourd’hui âgée de 8 ans, en est restée lourdement handicapée. L’avocat général avait requis dix ans d’emprisonnement à l’encontre de la professionnelle, qui a toujours nié avoir exercé un secouement ou des gestes violents.

La cour criminelle lui a aussi interdit, à titre définitif, d’exercer l’activité d’assistante maternelle ainsi qu’une activité professionnelle ou bénévole impliquant un contact habituel avec des mineurs. La quadragénaire a possibilité d’interjeter appel du verdict dans un délai de dix jours.

Plusieurs centaines de bébés secoués chaque année

Le syndrome du bébé secoué est la forme la plus grave de maltraitance et de négligence envers les enfants et la cause la plus fréquente de décès traumatique chez les nourrissons dans les pays à hauts revenus. Selon la campagne de sensibilisation nationale lancée par le gouvernement en début d’année, en France, plusieurs centaines d’enfant en sont victimes chaque année.

Dans un cas sur dix, le nourrisson décède et dans les trois quarts des cas, il en subira des séquelles toute sa vie (paraplégie, cécité, épilepsie, trouble cognitif, retard psychomoteur, autisme…)