Pau : Le SDF accusé des viols et meurtre d’une femme enceinte condamné à perpétuité

Illustration justice. — M.LIBERT/20 MINUTES

Le SDF schizophrène accusé du meurtre et des viols aggravés en 2017 de Mélodie Massé, une jeune femme enceinte de huit mois, a été déclaré coupable et condamné vendredi à Pau à la réclusion criminelle à perpétuité par la cour d’assises des Pyrénées-Atlantiques.

La cour n’a pas suivi la demande de l’avocat général d’assortir cette peine d’une période de sûreté de 22 ans. Elle a seulement prononcé un suivi sociojudiciaire pour une durée de 10 ans au cas où Cédric Bernasconi, 40 ans, sortirait de prison, à savoir une injonction de soins ainsi qu’une interdiction d’entrer en contact avec les parties civiles.

« Je suis très étonnée par l’absence de période de sûreté. Ça veut aussi dire dans un sens que la cour a fait confiance à mon client », s’est félicitée Me Sandrine Larié, avocate de l’accusé, qui salue aussi « le suivi de soins à suivre s’il venait à sortir ».

« Un verdict juste »

« Pour Mélodie, je pense que c’est un verdict juste », a estimé vendredi soir l’avocat des parties civiles, Me Bertrand Arotseche, qui avait demandé en vain pour ses clients un procès à huis clos. « Ça a été une semaine très éprouvante et très émouvante pour mes clients et moi. Ils ont été d’une dignité incroyable. La publicité des débats a été pour eux une épreuve supplémentaire. Mais ils sont restés dignes ».

Marc Mariée, avocat général, s’est également dit « satisfait ». « C’est effectivement ce que je souhaitais : dire que le discernement n’avait pas été altéré au moment des faits et que Cédric Bernasconi disposait de son libre arbitre », a-t-il dit.

« Pleinement responsable des faits qu’il a commis »

Une grande partie de la semaine d’audience avait porté sur la santé mentale de l’accusé, un quadragénaire diagnostiqué schizophrène, qui vivait en marge de la société quand il a violé et tué il y a deux ans une jeune élève infirmière qui se reposait avant son accouchement dans la maison de sa mère au Pays basque.

« Existe-t-il, au moment des faits, des troubles ayant altéré son discernement ? Et si oui, y a-t-il lieu d’écarter la réclusion [criminelle à perpétuité] encourue pour la ramener à une peine maximum de 30 ans comme la loi le permet ? », a demandé l’avocat général, avant de balayer aussitôt l’argument : « Cédric Bernasconi est pleinement responsable des faits qu’il a commis, il a agi en pleine connaissance, il n’a agi sous l’influence d’aucun trouble. »

L’expertise psychiatrique réalisée au cours de l’instruction par les docteurs Roland Coutanceau et Alain Penin avait conclu à une altération du discernement de l’accusé, mais pas à son abolition, ce qui le rendait apte à être jugé. L’homme de 40 ans n’était pas dans un « épisode délirant » au moment des faits, avaient expliqué les experts à la barre.

« Abomination »

A l’époque des faits, l’accusé avait arrêté son traitement neuroleptique et n’avait plus aucune interaction sociale. Sans domicile fixe, il fumait du cannabis et vivait de petits larcins qui lui avaient valu un séjour en prison peu avant les faits. L’association chargée de sa curatelle renforcée avait même fait un signalement pour disparition inquiétante auprès du juge des tutelles et du parquet.

Durant les débats, l’accusé avait détaillé quasi cliniquement les viols et le meurtre, racontant être entré dans cette maison d’Ustaritz « par hasard », pour y commettre un cambriolage, avant d’être guidé par « une pulsion sexuelle » en entendant la voix de la jeune femme au téléphone.

L’avocat des parties civiles, Me Bertrand Arotseche, avait assuré devant la cour n’avoir jamais vu « une abomination pareille » dans sa carrière d’avocat, avant de rappeler le calvaire enduré par la jeune femme : « Il la laisse comme ça pendant trois heures ! Ligotée, une culotte au fond de la gorge, le nez fracturé ! ». « Vous dites ne pas avoir eu l’intention de la tuer, mais vous avez fait tout ce qu’il faut pour qu’elle meure », avait-il lancé à l’accusé qui soutenait n’avoir « pas voulu lui ôter la vie », mais seulement « la rendre inconsciente » en lui enfonçant une culotte dans la bouche.

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Pau : Un marginal jugé aux assises pour le viol et le meurtre d’une femme enceinte

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