Patinage: Nathalie Péchalat entend «reconstruire tous ensemble» plutôt que «couper toutes les têtes»

Nathalie Péchalat, ici lors d’une journée pour l’association Premiers de cordée en mai 2018, a été élue présidente de la Fédération française des sports de glace, le 14 mars 2020. — ISA HARSIN/SIPA

Nathalie Péchalat a du pain sur la planche. L’ancienne championne de danse sur glace, élue présidente de la Fédération française des sports de glace (FFSG) samedi dans la confusion et la défiance, aura fort à faire pour ramener de la sérénité et remettre l’instance en ordre de marche. Interrogée par l’AFP, elle explique avoir pour projet de « tout faire pour se reconstruire tous ensemble », et non de « couper toutes les têtes ».

Comment réagissez-vous à votre élection ?

Je suis très honorée par la confiance qui m’a été apportée aujourd’hui (samedi) par les présidents de clubs présents malgré un contexte compliqué. Je ne minimise pas l’ampleur de la tâche qui m’incombe, mais en même temps je suis très excitée de pouvoir participer à l’évolution de la FFSG et à la faire briller. Ça fait presque vingt ans que Didier Gailhaguet était à la tête de cette fédération. Je suis là pour porter le renouveau.

Vous prenez la tête d’une fédération fragilisée…

Ça fait six semaines maintenant qu’on a beaucoup de rebondissements, l’image de la fédération est abîmée, la fédération elle-même est en souffrance. Il va falloir travailler dur. On va tout faire pour se reconstruire tous ensemble. Je ne souhaite pas couper les têtes de tout le monde. A l’intérieur de cette fédération, il y a des compétences qui méritent d’être gardées, des projets poursuivis, et dans les territoires, il y a des bénévoles qui œuvrent à son bon fonctionnement. Il va falloir faire évoluer cette fédération de manière constructive et réaliste.

On vous sent assez prudente…

J’ai conscience qu’il y a de vraies souffrances au sein de la fédération au sens large et de ses adhérents. On va travailler vite, mais surtout on va travailler bien. L’idée, c’est de construire un projet commun, pas de couper toutes les têtes et de mettre des coups de pied dans tous les sens. Il faut le faire de manière posée.

Que représente pour vous de devenir la deuxième femme présidente de fédération olympique ?

Il paraît qu’il est de bon ton de le souligner en ce moment… Pour moi, ça reste anecdotique quand même. C’est bien aussi d’avoir des anciens athlètes, des jeunes, du sang neuf, c’est bien de s’entourer de personnes expérimentées, qui connaissent bien la maison… On va essayer de faire une équipe assez hétérogène, de mettre en lumière tous les sports de glace.

Pensez-vous qu’il fallait maintenir cette élection malgré l’épidémie de nouveau coronavirus ?

Évidemment ! Il fallait respecter les statuts : à la suite de la démission de Didier Gailhaguet, on avait cinq semaines pour organiser cette assemblée générale. Et sans président, on ne peut pas combler le bureau exécutif (dont plusieurs membres ont démissionné au moment du scandale de violences sexuelles) et la fédération ne peut pas avancer. La fédération a organisé cette AG, autorisée par le ministère des Sports, en respectant les mesures sanitaires énoncées par le gouvernement. Ce n’est pas à nous, candidats, de dire si cette élection doit avoir lieu ou pas.

Comment avez-vous vécu les rebondissements de la journée, avec le retrait des autres candidatures ?

On est habitué avec la FFSG malheureusement, on a tous les jours son lot de surprises. Honnêtement, on s’en serait bien passé.

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