Pas-de-Calais : Ce que l’on sait de la mort d’un agent du fisc lors d’un contrôle

A Bullecourt, c’est la stupéfaction. « On est tous choqués parce qu’on ne s’attendait pas à un drame comme ça », a expliqué à RTL Éric Bianchin, le maire de cette petite commune de 250 habitants, située entre Arras et Cambrai (Pas-de-Calais). 

Lundi soir, un agent du fisc de 43 ans a été tué après avoir été séquestré avec une collègue dans le cadre d’un contrôle fiscal chez un brocanteur, lequel s’est ensuite donné la mort. 20 Minutes fait le point sur l’enquête.

Que s’est-il passé ?

Lundi, à 18h08, les gendarmes sont alertés par un témoin et se rendent à Bullecourt au domicile d’un brocanteur de 46 ans, un corps de ferme décati en briques rouges. Quand ils arrivent, il est déjà trop tard : l’homme s’est suicidé avec une arme à feu. Un peu plus loin, les militaires découvrent le corps sans vie de l’inspecteur principal des finances publiques, qui a reçu plusieurs coups de couteau. Selon une source proche de l’enquête, l’inspectrice qui l’accompagnait a été retrouvée « ligotée sur une chaise et profondément choquée ». Elle a été prise en charge par les secours, mais ses jours ne sont pas en danger.

Le parquet d’Arras a ouvert une enquête du chef d’assassinat confiée à la section de recherches de Villeneuve d’Ascq (Nord), appuyée par la brigade de recherches d’Arras.

Qui sont les victimes ?

La victime était chef de brigade de vérification dans le Pas-de-Calais et avait 43 ans. Sa collègue, selon France Bleu, une « vérificatrice » de 38 ans. Les deux inspecteurs des finances publiques s’étaient rendus lundi au domicile du brocanteur « pour effectuer une vérification de la comptabilité de son entreprise », a indiqué le parquet dans un communiqué. « Cet homme faisait simplement son travail, son métier, aujourd’hui il n’est pas revenu. Il a été tué dans le cadre d’un contrôle fiscal » a déclaré lundi soir au Sénat le ministre des Comptes publics, Gabriel Attal.

Qui est le brocanteur ?

Le brocanteur, divorcé et père de deux enfants, « était arrivé dans le village il y a quatre ans », a affirmé à l’AFP le maire du village, Éric Bianchin. « Il avait acheté une ferme rue de Quéant, où il faisait des ventes chez lui. Il vidait les maisons, les vide-greniers et revendait chez lui », a-t-il ajouté, les yeux humides derrière ses lunettes. « C’est un petit village, tout le monde se connaît. Je n’ai jamais eu de problème avec lui, il était serviable, c’était une personne lambda. Il était intégré », a poursuivi l’élu. Selon lui, les habitants « le voyaient très peu », car « il partait très tôt le matin pour son activité ».

Accoudé sur un vélo au bout de la rue, René, un habitant qui n’a pas voulu donner son nom, a affirmé à l’AFP qu’il connaissait le brocanteur, à qui il avait acheté « une machine à laver, des bricoles ».

Selon un autre habitant de la commune contacté par 20 Minutes, l’homme participait aux réunions du comité des fêtes et avait prêté un chapiteau gonflable lors de la « ducasse », une fête populaire annuelle.