Parlement européen : Roberta Metsola favorite pour la présidence malgré son opposition à l’IVG

Qui va succéder à David Sassoli à la tête du Parlement européen ? Réponse ce mardi : les Parlementaires vont élire celui ou celle qui va prendre le fauteuil de l’Italien, décédé le 11 janvier et dont le mandat prenait fin cette semaine. Et le poste pourrait revenir à la conservatrice maltaise Roberta Metsola, en dépit de son opposition à l’ avortement.

Cette membre du groupe de droite du PPE, première force politique du Parlement fait donc figure de favorite pour en prendre les rênes jusqu’à l’été 2024. Elle sera opposée à l’Espagnole Sira Rego (gauche radicale), le Polonais Kosma Zlotowski (ECR, eurosceptiques) et la Suédoise Alice Bah Kuhnke (les Verts). Chacun d’eux défendra brièvement sa vision ce mardi matin, avant le scrutin.

La présidence comme cadeau d’anniversaire ?

Députée européenne depuis 2013 et vice-présidente du Parlement depuis 2020, Roberta Metsola, qui, hasard du calendrier, fête ses 43 ans ce mardi, avait récemment gagné en visibilité en assurant l’intérim de David Sassoli.

Mais cette mère de 4 enfants s’est aussi attiré les critiques de certains de ses collègues : en cause, ses convictions anti-avortement, une opinion très largement répandue à Malte, dernier pays de l’UE où l’IVG reste complètement illégale. Consciente des réserves qu’elle a suscitées, elle a assuré qu’en cas d’élection, son « devoir sera de représenter la position du Parlement », y compris sur les droits sexuels et reproductifs.

Une alternance habituelle

Selon une tradition, une alternance entre gauche et droite a quasiment toujours eu lieu pour les élections de mi-législature au Parlement européen. Roberta Metsola devait bénéficier initialement de l’accord passé entre les trois principales forces politiques PPE, S&D (sociaux-démocrates) et Renew Europe (centristes et libéraux) : les groupes s’étaient entendus en 2019 pour se ranger derrière la candidature du socialiste Sassoli, et pour qu’un candidat du PPE prenne le relais pour la deuxième moitié de la législature.

Mais au vu de ses récents succès électoraux, notamment en Allemagne, le groupe S&D a remis en cause son soutien. Les trois groupes sont finalement parvenus lundi à un nouvel accord, autour d’une déclaration politique mentionnant plusieurs priorités, dont la lutte contre les violences faites aux femmes et pour l’égalité des sexes, la réforme de la fiscalité européenne ou encore la mise en place d’une directive sur le salaire minimum.

Pour l’emporter, un candidat doit recueillir la majorité absolue des votes exprimés par bulletins secrets. Si aucune majorité absolue ne se dégage au bout de trois tours de scrutin, un quatrième tour est organisé avec les deux candidats ayant recueilli le plus de voix au tour précédent. Le président dispose d’un certain nombre de pouvoirs, notamment celui de statuer sur la recevabilité des textes et amendements soumis au vote de l’assemblée, en plus de la conduite des débats. Il représente aussi l’institution lors des sommets européens des Vingt-Sept.