Paris: Un rapport préconise de passer le périphérique à 50 km/h

Le 23 juillet 2018, à Paris. Un embouteillage sur le boulevard périphérique parisien. — Clément Follain / 20 Minutes

  • Ce mardi, la Mission d’information et d’évaluation (MIE) a présenté une liste d’une quarantaine de mesures sur l’avenir du périphérique parisien.
  • Ces propositions sont le résultat de cinq mois de travail de la part d’un groupe d’élus parisiens de gauche comme de droite. Elles visent toutes à diminuer la pollution sur cet axe routier, fréquenté par plus d’un million d’automobilistes par an.
  • Parmi elles, figure la diminution de la vitesse de maximale de 70 km/h à 50 km/h ou la création d’une voie réservée au covoiturage.
  • Anne Hidalgo, maire de Paris, s’est dite prête à étudier plusieurs de ces mesures. Elles seront soumises au vote lors du prochain Conseil de Paris le 11 juin.

L’ex-communicant de François Hollande Gaspard Gantzer veut le supprimer, Anne Hidalgo se dit prête à le faire évoluer. A un an des municipales, le périphérique est au cœur des projets de plusieurs candidats à la mairie de Paris. Une nouvelle proposition risque de relancer la grogne de certains automobilistes : l’élue parisienne s’est dite prête à « travailler » à l’instauration des 50 km/h sur la ceinture autoroutière.

Ce mardi, la Mission d’information et d’évaluation (MIE), constituée d’élus parisiens de tous bords, a présenté une quarantaine de mesures destinées à faire évoluer le périphérique. Ces propositions sont le résultat de cinq mois de travail visant à repenser cet axe autoroutier à l’heure de la transition écologique. « Aujourd’hui, tout le monde a compris que la pollution vient essentiellement du trafic routier. […] Ce rapport va nous permettre de poser des actes », a salué la maire de Paris en conférence de presse.

1,1 million d’automobilistes par an

« Un sujet mythique, objet de polémiques et d’affrontements. » Anne Hidalgo reconnaît d’emblée le potentiel inflammable du périphérique et de la question de la circulation autoroutière. Pensé au départ pour faciliter les déplacements des Franciliens, l’axe routier, fréquenté par 1,1 million d’automobilistes par an, est principalement connu, après 46 ans d’existence, pour sa pollution et pour ses embouteillages récurrents.

Pour y remédier, la MIE a fait une proposition radicale sur laquelle Anne Hidalgo est prête à « travailler » : la réduction de la circulation maximale de 70 à 50 km/h. L’objectif n’est pas qu’environnemental, il doit permettre d’augmenter la vitesse moyenne de circulation qui s’élève seulement à 35 km/h sur le périphérique. La « lutte contre la congestion autoroutière passe par la fluidification du trafic », assure Laurence Goldgrab, présidente de la MIE et du groupe des Radicaux au Conseil de Paris.

Parmi les autres mesures proposées, Anne Hidalgo a salué l’idée d’une voie réservée au covoiturage et aux transports en commun, l’interdiction du périphérique à certains poids lourds, la végétalisation de l’axe routier sur certaines parois ou encore l’organisation d’événements culturels et festifs sur la voie. Dès la prochaine Nuit Blanche, en octobre, la circulation devrait être en partie coupée sur le périphérique pour l’événement, a annoncé la maire.

Un vote le 11 juin prochain

Chez 40 Millions d’automobilistes, on dénonce un « drapeau vert agité par la mairie de Paris » et une « décision dramatique » concernant les 50 km/h. « Si on réduit la vitesse moyenne, on vit dans un bouchon constant », s’inquiète Pierre Chasseray, délégué général de l’association auprès de 20 Minutes. Ce mardi sur  Radio Classique, le ministre de la Transition écologique François de Rugy s’est dit de son côté favorable à une circulation alternée « en fonction de l’état du trafic et de la qualité de l’air ».

L’association d’automobilistes se dit en revanche favorable au covoiturage, mais dénonce un manque de pragmatisme. « C’est bien beau sur le papier, mais quand un couple a ses gamins à déposer à l’école avant d’aller travailler, il n’a pas le temps de prendre quelqu’un en covoiturage », assure Pierre Chasseray. « Il faut créer une incitation », appelle-t-il.

L’ensemble des propositions seront présentées au vote du Conseil de Paris le 11 juin prochain. Si elles sont retenues par les élus, elles devraient s’inscrire dans une phase d’expérimentation à l’occasion des Jeux olympiques de 2024, avant d’entrer en vigueur d’ici 2030.

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