Paris: Un homme condamné à un an de prison pour le vol d’une bague ayant appartenu à l’impératrice Eugénie

Le prévenu comparaissait devant le tribunal correctionnel de Paris le 20 mai 2019. — Clément Follain

  • Le 1er avril dernier, Jean-Christophe Napoléon, descendant de Napoléon III, a déclaré le vol d’une bague qu’il comptait offrir à sa compagne comme cadeau de fiançailles.
  • La bague, sertie d’un diamant de 44 carats, est estimée à une valeur de plus d’un million d’euros.
  • Le prévenu, un homme âgé de 30 ans, était déjà connu des services de police pour des faits de vol. Il a été condamné à un an de prison ferme.

« Une bague de 44 carats, évaluée à plus d’un million d’euros. C’est une bague historique dira-t-on ! », a lancé Sabine Raczy, la présidente du tribunal en présentant cette affaire inhabituelle. Le bijou en question, qui appartenait à l’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III et aujourd’hui propriété d’un descendant de l’empereur, représente bien un petit bout de l’histoire de France.

Soupçonné d’avoir volé un sac contenant cette bague le 1er avril dernier, Lofti G., qui s’est présenté comme un Marocain de 30 ans, comparaissait ce lundi au tribunal correctionnel de Paris. Le prévenu était également jugé pour le vol d’un ordinateur et de plusieurs cartes bancaires, également présents dans le sac, ainsi que pour « escroquerie et tentative d’escroquerie » via ces cartes de paiement.

« Vous avez donc un jumeau qui est allé dans le même magasin que vous ? »

Les clichés s’amoncellent sur le bureau de la présidente du tribunal. « Tiens, une photo chez l’épicier, une autre chez Sushi Wasabi et encore une autre… » La présidente Sabine Raczy saisit l’une d’entre elles et la brandit devant le prévenu. « Mais c’est bien vous, non ? », insiste-t-elle une nouvelle fois auprès du trentenaire, d’une voix agacée. Le prévenu, jusque-là impassible, la tête baissée, chemise blanche boutonnée jusqu’au cou et joues rasées de près, écarquille brusquement les yeux. « Mais il a plus de cheveux et de barbe que moi. J’en ai jamais eu de barbe ! », se défend-il.

Récupérées via des caméras de surveillance, les photos montrent un homme quitter les différents magasins après avoir réglé ses achats avec l’une des cartes bancaires volées. Grâce à ces images, les enquêteurs ont remonté la trace de Lofti G., déjà connu des services de police pour des faits de vol survenus en 2016, et ont récupéré l’ensemble des objets dérobés, cinq jours après les faits.

Si le prévenu reconnaît s’être rendu sur les différents lieux, il nie avoir payé avec les cartes bancaires volées et réfute être l’homme présent sur les clichés. « Vous avez donc un jumeau qui est allé dans le même magasin que vous et qui a payé avec ces cartes, vous n’avez pas de chance ! », fait mine de s’attendrir Sabine Raczy. « Laissez-moi vous expliquer, on a tous quarante personnes dans le monde qui nous ressemblent, même vous Madame, c’est pour ça ! », assure-t-il sans sourciller.

Une « délinquance d’opportunité » selon l’avocat

Egalement jugé pour avoir refusé de se livrer à des examens biologiques et à un relevé de ses empreintes digitales, Lofti G. a mis en avant ses troubles psychologiques devant la présidente. « J’ai toujours été franc avec vous Madame, y compris concernant mes séjours en hôpital psychiatrique. J’ai des crises d’angoisse », a affirmé le prévenu d’un ton calme, les mains posées sur la barre.

« Oui, on a relevé différents incidents pendant votre garde à vue », a répondu la présidente, d’un ton amer. « Vous vous êtes mis tout nu, vous avez essayé de mettre un pull autour de votre cou… Mais d’après l’expertise psychiatrique, tout cela relève d’une tentative grossière de tromper les médecins. Vous n’êtes pas malade », affirme-t-elle.

Face au tribunal, Me François Ormillien, avocat du prévenu a plaidé une « délinquance d’opportunité ». « L’ensemble des éléments volés ont été retrouvés, alors qu’il y a des choses qui auraient pu être écoulées. (…) Je pense que Monsieur G. a lui-même été surpris de ce qu’il a trouvé dans le sac », a-t-il soutenu.

Suivant la requête du parquet, Lofti G. a été condamné à un an d’emprisonnement avec maintien en détention, dont deux mois pour refus de se soumettre aux relevés d’identité. Les victimes du vol, Jean-Christophe Napoléon et sa compagne, qui ne s’étaient pas constituées parties civiles, n’étaient pas présentes à l’audience.

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