Paris : Qui est derrière les silhouettes noires portant des messages de victimes de féminicides ?

Non, la ville de Paris n’a pas été frappée par une vague d’accident de la route mortelle ces derniers jours. C’est pourtant ce que pourraient laisser penser toutes les silhouettes noires apparues ce vendredi matin sur les trottoirs de la capitale. Similaires aux panneaux habituellement apposés sur les bords de route pour signaler qu’un drame a eu lieu à cet emplacement, elles affichent des messages tels que « Poignardée à mort par un homme en liberté conditionnelle » ou « Mon agresseur a été condamné à 10 ans de prison, il est sorti au bout de 5 ans ».

Signalées par la journaliste indépendante Coline Clavaud-Mégevand sur Twitter, ils ont été vus à différents endroits de la capitale selon les témoignages visibles sur les réseaux sociaux : près des stations de métro Jules-Joffrin (18e), Guy-Môquet (18e), Odéon (6e), dans le 15e arrondissement et à Montreuil.

Les panneaux, qui disposent de QR code, renvoient vers le site stopaulaxisme.fr qui milite pour la fin des remises de peine. Ce site est signé de l’Institut pour la justice, une association loi 1901 qui se décrit comme un think tank « composé de citoyens, de victimes et d’experts du monde judiciaire mobilisés pour une Justice qui mettent les victimes au centre ».

Les auteurs bientôt verbalisés par la mairie de Paris

En 2011, le média Slate détaillait les activités de lobby de l’association et sa proximité avec quelques figures de la droite comme l’avocat Gilles-William Goldnadel ou le député LR Marc Le Fur.

Sur Twitter, Colombe Brossel, adjointe à la maire de Paris chargée de la propreté de l’espace public a réagi en expliquant que les panneaux étaient en cours d’enlèvement et que les frais seront « facturés au contrevenant ». Jointe par 20 Minutes, la mairie de Paris confirme cette information : « Les équipes de la ville sont mobilisées au quotidien contre l’affichage sauvage, la lutte contre les incivilités. Ces silhouettes en font partie au même titre que l’affichage commercial illégal. L’organisme à l’origine sera verbalisé. »

Contacté par 20 Minutes, l’Institut pour la justice n’a, pour le moment, par répondu aux sollicitations.