Paris : Qu’est-ce qui va changer dans les transports en commun en 2023 ?

Hausse du prix du Navigo, questionnements sur l’ouverture du réseau de bus à la concurrence, appels à la grève en pagaille, manque de chauffeurs de bus et de conducteurs de métros… Les transports en commun d’Ile-de-France n’ont assurément pas vécu leur plus belle année. Que nous réserve 2023?  20 Minutes vous dévoile les premières tendances.

Une ligne 11 avec 6 stations de plus

La RATP l’annonce : en 2023, plus de ponctualité sur les lignes 6 et 11. Ces prochains mois, le matériel roulant sur pneu de ces deux lignes va être progressivement remplacé, sous financement à 100 % d’Île-de-France Mobilités, en faveur de trains plus modernes.

Sur la ligne 11, les MP59 de la ligne vont ainsi faire progressivement leurs adieux. Après 60 ans de bons et loyaux services, ils seront remplacés au cours de l’année 2023 par des trains moins gourmands en énergie et équipés d’écrans et de plans de lignes offrant une meilleure information aux voyageurs. Ils devraient améliorer le confort des voyageurs de Châtelet à Rosny-Bois-Perrier, nouveau terminus de la ligne, dès la fin des travaux de prolongement, prévue fin 2023. Mauvaise nouvelle pour cette ligne, un trafic interrompu à 22 heures les mardi, mercredi et jeudi jusque fin septembre pour finaliser le prolongement au-delà de Mairie-des-Lilas.

Sur ces deux lignes, si le manque de conducteurs n’est pas à négliger, comme sur l’ensemble du réseau, la vétusté du matériel roulant est bien souvent mise en avant par la RATP pour expliquer les chiffres communiqués en novembre sur la régularité des réseaux ferrés. Pour les usagers de ces deux lignes, les objectifs étaient non atteints. La RATP affirmait au Parisien, il y a un mois, qu’il n’y aurait pas d’amélioration avant « la fin du 1er trimestre 2023 ». 

Ile-de-France Mobilités annonce également 100% de métros rénovés en 2023 pour la ligne 7 du métro parisien et une automatisation à 100% de la ligne 4.

Des bus autonomes à venir

Le groupe RATP expérimente depuis plusieurs mois un bus 100 % autonome sur la ligne 393 Sucy-Bonneuil/Thiais-Carrefour de la Résistance. Après des tests effectués de nuit, puis de jour en cohabitation avec les bus traditionnels de la ligne, le véhicule autonome d’une longueur de 12 mètres et d’une capacité de 18 places assises, se prépare à accueillir ses premiers voyageurs dans le courant du 1er trimestre 2023.

L’année 2023 marquera également la mise en circulation du millième bus roulant au biométhane, dans le cadre du programme bus2025 engagé par la RATP et Île-de-France Mobilités. Initié en 2015, lors de la COP21, le programme bus2025 poursuit son déploiement à bonne allure. Plus de 50 % du parc exploité par la RATP est déjà composé de bus propres (électriques, biométhane et hybrides) et 9 centres bus sont aujourd’hui convertis à l’électrique ou au biométhane.

Côté tram, Ile-de-France Mobilités va mettre en service deux nouvelles lignes la T10 entre Croix-de-Berny et Clamart Jardin-Parisien et la T12 entre Massy et Evry, qui desservira douze villes de l’Essonne.

Des discussions sur le Navigo pour la suite

Si Valérie Pécresse a réussi à limiter in extremis la hausse du pass Navigo, qui, dès le 1er janvier 2023, passera de 75,20 à 84,10 pour l’offre mensuelle, grâce à une aide de 200 millions d’euros de l’État, le problème du financement des transports en commun sur le long terme n’est pas réglé en Île-de-France. Or, avec cette progression fulgurante, les usagers, qui depuis cinq ans et demi, payaient le même prix, vont avoir des exigences plus importantes en matière « de qualité de transport », a observé la présidente de la région Île-de-France, jugeant « inadmissibles » les problèmes rencontrés sur le réseau RATP ces derniers mois.

Pour Jean Castex, entré dans son habit de PDG à la fin du mois de novembre, les défis sont grands. Conscient des soucis rencontrés par la régie des transports parisiens – problèmes de ponctualité, de recrutement, d’absentéisme, pouvoir d’achat, ouverture à la concurrence des bus, etc. –, il a déjà édicté ses objectifs. Outre un effort sur la ligne B du RER, la plus irrégulière du réseau francilien, ses priorités, a-t-il dit, « ce sont celles des usagers, c’est-à-dire toutes les lignes de bus et de métro qui sont impactées par le problème de sous-effectif et qui devraient voir leur qualité de service progresser dans les prochains mois ». « J’ai entendu le message des voyageurs et nous allons faire mieux », a-t-il encore promis. 2023 sera-t-elle l’année du retour en grâce pour la RATP ?