Paris: «Montmartre a changé, comme moi, et j’y resterai pour toujours»

Michou, 88 ans, dans son célèbre cabaret du 80 rue des Martyrs (18e arrondissement) — R.LESCURIEUX / 20Minutes

  • Michou a fêté le 18 juin ses 88 ans, entouré de ses amis.
  • Il s’est blessé il y a quelques jours « en mettant ses bas résille ».
  • Le « Prince bleu de Montmartre » nous a ouvert les portes de son mythique cabaret.

« Je suis désolé, je ne peux pas me déplacer, je me suis blessé il y a quelques jours en mettant mes bas résille », lance au micro Michou dans son célèbre cabaret du 80 rue des Martyrs (18e arrondissement). « Joyeux anniversaire Michou. On t’aime Michou », répondent les retraités de Montmartre invités comme tous les mois par le « Prince bleu » à un déjeuner-spectacle. Alors qu’il célébrait ses 88 ans le 18 juin, 20 Minutes est passé ce jeudi discuté avec lui de l’amour, de la vie, de la fête, du champagne et des trottinettes électriques.

Vous avez fêté le 18 juin vos 88 ans dans votre cabaret, c’était une belle fête ?

J’ai passé un anniversaire extraordinaire. J’étais très ému des éloges que les gens m’ont faits. Il y avait Jean-Paul Belmondo, Nana Mouskouri, Sandrine Bonnaire. C’était une belle fête. J’ai dû ralentir un peu le champagne mais bon… je ne vais pas boire de l’eau. Le champagne c’est mon élixir. Je ne serais pas resté si jeune sans.

« Pour nous la liberté c’est comme l’amour, ça n’a pas de prix », chantez-vous dans Les Fricoteuses. Vous diriez que vous avez été libre et amoureux au cours de votre vie ?

J’ai été plus amoureux que libre.

Paris est toujours une fête, selon vous ?

Bien sûr. Je vis dans un village à Paris qui s’appelle Montmartre. Quand je suis arrivé dans la capitale, à Gare du Nord, j’ai remonté la rue de Dunkerque vers mon village, que je n’ai pas quitté. Montmartre a changé, comme moi, et j’y resterai pour toujours.

Michou sur sa terrasse, lors de ses 75 ans. Michou sur sa terrasse, lors de ses 75 ans. – SIPA PRESS

En 1969, vous disiez lors d’une interview « A Montmartre, on ne s’amuse plus. Pour faire venir les gens, il faut quelque chose de drôle, de piquant. Je pense qu’on a réussi ». 50 ans plus tard, vous le pensez toujours ?

A l’époque j’ai créé un concept un peu spécial avec trois copains. On s’amusait à se déguiser. Et ça a plu. Ça a plu à Paris.

Chaque mois, vous invitez à déjeuner des personnes âgées et isolées du quartier, comme aujourd’hui. C’est important pour vous ?

Tous les mois, depuis toujours, j’invite des personnes du troisième âge de Montmartre. C’est important pour moi car j’ai été élevé par ma grand-mère et j’aimais ma grand-mère. C’est pour ça que je veux inviter toutes les grands-mères chez Michou.

« De la ville de Paris, j’en suis un peu le dandy, dans tous les quartiers j’ai des amis », chantez-vous dans la chanson « Signé Michou ». Qui est votre plus grand.e ami.e ?

Nana Mouskouri, qui était à mes côtés pour mon anniversaire. Ça m’a beaucoup ému. Il y a aussi Anny Duperey, qui a signé la préface de mon livre.

Toutes les Parisiennes et Parisiens ont un avis sur les trottinettes électriques en libre-service. Vous en pensez quoi vous ?

C’est sûrement très bien pour les jeunes mais je trouve ça monstrueux. Elles sont tout le temps sur les trottoirs.

Que va devenir Chez Michou après Michou ?

Comme je le dis dans mon livre, « je veux que l’on appose une petite plaque où figure mon nom sur la façade du cabaret. Les gens qui passent dans la rue diront : c’était chez Michou ici ».

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