Paris : L’Intérieur demande un rapport après l’intervention de police qui a suivi le rassemblement féministe

Quelques centaines de personnes ont manifesté a Paris le vendredi 28 février, à l appel d’associations féministes, pour protester contre les 12 nominations aux Cesar du film de Roman Polanski — CELINE BREGAND/SIPA

Des femmes traînées de forces dans le métro, des  charges policières violentes, des manifestantes nassées… Le ministre de l’Intérieur a demandé un rapport à la préfecture de police de Paris sur l’intervention qui a suivi un rassemblement féministe samedi soir, indique l’entourage de Christophe Castaner. Cette « marche nocturne », « pour un féminisme populaire antiraciste », était organisée par des collectifs militants, distincts de ceux qui ont manifesté dimanche 8 mars, pour la journée internationale du droit des femmes.

De nombreuses vidéos ont été postées sur les réseaux sociaux, montrant par exemple les manifestantes chanter « nous sommes fortes, nous sommes fières, et féministes et radicales et en colère », face à des CRS tentant de les contenir avec leurs boucliers. Sur une autre, on voit les forces de l’ordre obligeant les manifestantes à entrer dans une bouche de métro en les traînant sur les marches. Les images de l’intervention ont choqué jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. « Toutes les femmes doivent pouvoir manifester pacifiquement pour faire respecter leurs droits ! », a déploré la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes/hommes, Marlène Schiappa.

Plusieurs milliers de personnes réunies

Dans un communiqué publié dimanche, la préfecture de police a tenu à livrer sa version des faits. La manifestation, partie à 20h de la place des Fêtes, « a rassemblé plusieurs milliers de personnes » et « s’est déroulée, pour la majeure partie de son parcours, dans une ambiance calme ». Il s’agissait d’une manifestation « non mixte », c’est-à-dire réservée aux femmes ou aux transsexuelles, selon l’appel publié sur le site Internet paris.demosphere.net

Le préfet de police Didier Lallement a déploré, dans un communiqué, que « la fin de cette manifestation, pourtant régulièrement déclarée, ait été entachée d’incidents » qui sont « manifestement le fait d’individus ayant pour seul but de provoquer les forces de l’ordre et de perturber le bon déroulé de l’événement ». Selon la PP, « à aucun moment » les organisateurs « ne sont entrés en contact avec les représentants des forces de l’ordre » malgré « de nombreux appels téléphoniques ».

La préfecture assure aussi qu’à la fin du cortège, « malgré l’appel à la dispersion, un groupe de plusieurs centaines de manifestants ne l’ont intentionnellement pas respecté et ont forcé le barrage des forces de l’ordre » qui « ont alors dû utiliser des moyens lacrymogènes » pour les repousser.

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