Paris : La mairie veut diminuer de 30 % ses « dépenses de gestion du quotidien »

C’est, selon elles et eux, « un effort drastique ». Les adjoints de la maire de Paris, Anne Hidalgo, ont annoncé mercredi lors d’un point presse une diminution de 30 % des « dépenses de gestion du quotidien », dans un contexte de critiques autour de la conduite de la ville, le ministre des Transports allant même jusqu’à évoquer une « mise sous tutelle ». L’adjoint (PS) aux finances Paul Simondon a précisé qu’il n’y aurait pas d’impact sur le service public mais uniquement sur le « fonctionnement interne de la Ville ».

Lors de l’examen du budget 2023 de la capitale mi-décembre, la majorité de gauche présentera « tout un volet d’économies invitant la Ville à se concentrer sur l’essentiel, à réduire le train de vie de la mairie centrale et des mairies d’arrondissement », a détaillé le premier adjoint Emmanuel Grégoire. « Il y a des associations qui verront leurs subventions réduites, pas partout, pas dans le domaine social », a indiqué Emmanuel Grégoire à propos de cet « effort généralisé ».

« Aucun élu n’a de chauffeur »

Les achats de fourniture, « les budgets d’étude (…), de recours à des conseils, agences d’urbanisme » sont particulièrement ciblés, a précisé Emmanuel Grégoire, qualifiant de « fantasme insupportable » la demande de renoncement aux voitures avec chauffeur. L’opposant Pierre-Yves Bournazel (Horizons) réclame régulièrement la suppression de ces voitures qui permettrait selon lui d’économiser 24 millions d’euros en six ans. D’autres opposants fustigent les déplacements en voiture d’Anne Hidalgo.

« Aucun élu – (sauf) la maire évidemment pour des besoins particuliers – n’a de chauffeur. Comme tous les adjoints, on prend le métro, le bus, le vélo » dans « 99 % des déplacements », a affirmé Emmanuel Grégoire, reconnaissant cependant avoir utilisé une voiture la veille pour se rendre dans les Hauts-de-Seine.

Mise sous tutelle ?

En septembre, face à la crise énergétique, la maire Anne Hidalgo avait demandé à ses adjoints de trouver 250 millions euros d’économies. Avec la hausse de 52 % de la taxe foncière, Paul Simondon va présenter un « budget équilibré » et même « en excédent sur le fonctionnement », avec 9,6 milliards d’euros de recettes pour 8,7 milliards de dépenses.

Quant à l’encours de la dette, autre source de vives critiques, il devrait s’établir à 7,9 milliards d’euros fin 2023, contre 7,7 fin 2022, a précisé Paul Simondon.

« La situation financière de la ville est saine », a martelé Emmanuel Grégoire pour qui « rien ne justifie ni politiquement ni juridiquement d’évoquer une mise sous tutelle de la ville », une option « pas exclue » dimanche par le ministre des Transports Clément Beaune.