France

Paris : Françoise Thierry, ex-chef des Stups, reconnue coupable de complicité et destruction de preuves

François Thierry, ancien patron des Stups, a été condamné mardi à un an de prison avec sursis pour avoir aidé à déplacer sept tonnes de cannabis en plein Paris. Sophiane Hambli, actuellement détenu au Maroc, a été condamné à 20 ans de prison pour avoir joué un « rôle moteur » dans le trafic.


Pour avoir contribué au déplacement de sept tonnes de cannabis à Paris, l’ancien responsable des Stups, François Thierry, a été condamné mardi à un an de prison avec sursis, bien que la relaxe ait été demandée.

Cette affaire, qui a suscité une réforme de la lutte antidrogue en France, a vu le tribunal correctionnel de Bordeaux déclarer le policier coupable d’avoir « apporté (son) aide à un trafic » de stupéfiants, au bénéfice de son principal informateur, Sophiane Hambli. Sa peine a été assortie d’une dispense de mention sur son casier judiciaire.

Le commissaire, actuellement à la tête du Service de la transformation numérique de la police nationale, a quitté le palais de justice sans faire de commentaires. Son avocate, Me Angélique Peretti, a indiqué à l’AFP qu’il envisageait de faire appel.

Après avoir demandé un non-lieu à la fin de l’enquête, le parquet avait requis, lundi dernier, la relaxe de l’ancien chef de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), se déclarant « pas convaincu » de sa responsabilité pénale, malgré la « piètre image » renvoyée dans ce dossier.

Cependant, à l’issue d’un mois de procès, les juges lui ont reproché de « ne pas avoir opéré de surveillance » sur cette cargaison de plusieurs tonnes, livrée dans le cadre d’une opération censée être « surveillée » par la police.

La présidente du tribunal a noté que le commissaire, qui fêtait ses 58 ans mardi, avait conscience d’apporter son aide à un trafic. L’intéressé est resté impassible lors de la lecture du jugement.

La magistrate a également fait valoir que sa condamnation reposait sur le fait qu’il s’était « opposé aux investigations » d’autres services, facilitant ainsi le transfert de stupéfiants, et qu’il avait « soustrait » un téléphone avec lequel il communiquait avec Sophiane Hambli.

Ce dernier, actuellement incarcéré au Maroc et jugé par défaut, a été condamné à 20 ans de prison, avec une période de sûreté de deux-tiers, pour avoir joué un « rôle moteur » dans le trafic, conformément aux réquisitions. Un mandat d’arrêt a été émis à son encontre.

Âgé de 50 ans, Sophiane Hambli est considéré par le tribunal comme le « seul commanditaire » de la drogue trouvée en octobre 2015 boulevard Exelmans, dans le XVIe arrondissement de Paris. Il soutient, en revanche, n’avoir été que le « logisticien » d’une livraison « surveillée » par la police, dans le but de démanteler un réseau, une stratégie que François Thierry avait mise en place depuis plusieurs années.

Le tribunal a exclu la complicité du policier concernant l’importation de la drogue, entrée légalement sur le territoire, mais l’a jugé complice des autres faits, tels que le transport ou l’exportation de la marchandise.

Tout au long des débats, le commissaire a nié avoir franchi les limites de sa relation avec son « indic », qui lui avait permis d’effectuer de belles saisies par le passé, plaidant la nécessité de recourir au « diable » pour obtenir des informations précieuses.

L’ex-patron de l’Ocrtis a défendu sa stratégie « Myrmidon », instaurée durant son mandat (2010-2016) : infiltrer des filières via des informateurs, même en laissant entrer de la drogue sur le territoire, pour finalement arrêter les chefs de réseau.